LA CONCEPTION DES RÊVES DANS LA BIBLE

Pour pouvoir parler des rêves dans la Bible, nous allons examiner le sens des mots « rêve – songe - vision »

1 - LES RÊVES ET LA BIBLE

Aujourd’hui, je vais entrer directement dans un sujet étonnant: « Les rêves et la Bible ». J’ai déjà abordé ce sujet à plusieurs reprises, et je vais le reprendre maintenant de façon plus approfondie.

Je constate souvent en effet que bien des personnes qui s’intéressent aux rêves connaissent peu la Bible. Et pourtant, vous allez voir que le rêve et la Bible ne sont qu’une et même chose. Tous les livres de la Bible parlent des rêves, on en compte environ 250, ce qui fait un rêve toutes les 6 pages. C’est énorme, et pourtant on l’ignore.

Eh bien, nous allons voir ce qu’il en est.

Pour que le mot soit bien compris, voyons d’abord ce qu’on appelle un rêve.

On appelle « rêves » ces images et scénarios, ces sensations, émotions, pensées qui viennent dans le sommeil, dans l’état inconscient. Cependant, toutes ces impressions peuvent surgir aussi à l’état conscient, éveillé. On les appelle alors des visions.

Qu’est-ce qui caractérise ces expériences où l’on rêve ?

1) Ce sont des impressions qui sont spontanées, involontaires et naturelles , qui ne sont pas provoquées par un stimuli extérieur matériel. Ce n’est pas le monde conscient qui provoque le rêve.

2) Ensuite, ces phénomènes sont faits objectifs, mais ils sont  immatériels, ils ne sont pas palpables, et ils exercent un impact comme s’ils étaient réels,souvent même ils   provoquent des émotions intenses et inoubliables.

Pour pouvoir parler correctement des rêves dans la Bible, il est indispensable d’aborder le problème de la traduction.

Les différents livres de la Bible, écrits entre 800 ans avant J.-C. et 200 ans après, ont été en effet rédigés en hébreu, en araméen et en grec. Quels que soient les mots employés dans les textes anciens, il faut se demander :

Quels sont les mots dont les traducteurs disposent

en langue française ?

D’où vient le mot rêve ?

Ce mot est neuf, il est apparu récemment il y a 350 ans, à l’époque de Louis XIV, vers 1650. Son origine est mal connue. Le mot viendrait d’une racine qui signifie   vagabonder, déraisonner et qui lui donne son sens négatif. Le rêve désigne les scénarios incohérents qui apparaissent quand on dort.

Avant le mot rêve, on employait le mot songe

Songe vient du latin sommeil, « somnus » ; comme le rêve il désigne ce qui apparaît quand on dort. Cependant, les traducteurs de la Bible en français vont l’employer de préférence. Les songes sont alors les « somnia a Deo missa »,  les songes envoyés par Dieu aux saints personnages, comme Joseph par exemple.

Cette distinction n’existe ni en anglais, ni en allemand. Ces deux langues ne possèdent qu’un seul mot : dream ou Traum.

Le mot songe possède aussi le sens négatif d’une illusion.

 

Le mot vision

Quant au mot, il  a d’abord désigné dans le vocabulaire religieux « une chose surnaturelle qui apparaît à la vue ».

En général, la vision apparaît quand on est éveillé, à l’état conscient. De nos jours, elle paraît suspecte et on la rapprocherait volontiers du mot hallucination.

Voilà les différents sens de ces 3 mots dont les traducteurs disposent.

 

Regardons maintenant ce qu’il en est en hébreu et en grec

Ces distinctions n’existent pas.

En hébreu et en grec, les mots employés sont multiples.

Ils désignent une expérience qui n’est pas provoquée par un stimulus venu du monde matériel. Cette expérience a lieu sans différence, aussi bien dans le sommeil qu’à l’état de veille, et se manifeste par des phénomènes visuels et auditifs : on trouve toujours les verbes : voir, regarder, entendre, écouter, d’un côté, associés aux verbes apparaître, dire, parler, de l’autre.

Par exemple, environ 500 ans avant J.- C., on peut lire dans Job, au ch. 33 :

« Dieu parle cependant, …

Il parle par des rêves,  par des visions nocturnes,

Quand les hommes sont livrés à un profond sommeil. »

En fait les deux mots désignent la même expérience où l’on voit.

 

Ezéchiel, lui, raconte, ch. 8 :

« …comme j’étais assis dans ma maison…la main du Seigneur, de l’Eternel, tomba sur moi.

Je regardai et voici, c’était une figure ayant l’aspect d’un homme. Il me dit…

Ici, la perception a lieu à l’état de veille.

Les mots ne font pas de distinction entre une perception physique et non physique. Ils désignent une expérience spontanée, incontestable et réelle, même si elle n’est pas matérielle, c’est à dire une expérience psychique.

 

Conclusion

A la différence du français actuel, il n’y a pas de distinction catégorique en hébreu ou en grec entre les différents mots rêve- songe-vision.

Et même, quand on approfondit l’examen, on constate qu’on ne peut pas faire de différence entre rêve, songe, vision, vision angélique, apparition, révélation, extase, transport en esprit.

En fait ces mots correspondent à la conception que les anciens avaient des rêves. 

 

2 -  LA CONCEPTION DES RÊVES DANS LA BIBLE

Pour pouvoir parler des rêves dans la Bible, nous avons examiné le sens des mots « rêve – songe - vision ». Nous avons vu qu’en français le rêve et le songe ont lieu dans le sommeil, tandis que la vision a lieu à l’état éveillé.

Les trois mots par ailleurs désignent des expériences souvent jugées insensées et contestables. Cependant en hébreu et en grec ces mots ne font pas de distinction entre une perception physique et psychique et désignent des expériences réelles et incontestables.

Je vous parle de l’hébreu et du grec parce que ce sont les 2 langues dans lesquelles la Bible a été écrite. Tout ce qui y concerne les rêves est donc écrit en hébreu et en grec. Voyons pourquoi.

Un peu d’histoire

La Bible est un livre qui rassemble les écrits de plus de 40 auteurs hébreux sur une période d’environ 1000 ans.
Elle est composée de deux parties : l’Ancien et le Nouveau Testament. Le mot Testament signifie « Contrat » « Témoignage » ou « Alliance », il s’agit de l’Alliance avec Dieu.


- L’Ancien Testament est le livre sacré des Juifs : il comporte des récits historiques, des textes de lois, des poèmes, des textes prophétiques.

- Le Nouveau Testament est le livre sacré des Chrétiens : il relate la vie et l’enseignement du Christ, enseignement que ses premiers disciples ont transmis dans des lettres ou épîtres aux premiers chrétiens.


La Bible est donc un ensemble de « témoignages » très variés, qui traitent de l’Alliance avec Dieu et abordent les grandes questions spirituelles : Qui est Dieu ? Qui est l'homme ? Y a-t-il une relation possible entre Dieu et l'homme et comment ?
C'est le thème principal de la Bible entière.

 

Les textes de l’Ancien Testament ont été écrits en hébreu classique, qui est toujours employé comme la langue sacrée, même si 500 ans avant J.-C. les Juifs, au quotidien, parlent une langue très proche de l’hébreu : l’araméen, la langue parlée qu’ils ont ramenée de Babylone, où ils ont été déportés au VI ème siècle avant J.-C. C’est en araméen que parlait le Christ et ses disciples.

A la suite des conquêtes d’Alexandre le Grand, (335 - 323 avant J.C.) des Juifs s’installent en Egypte, à Alexandrie et parlent le grec, la langue internationale à l’époque. Environ 250 ans avant J.-C., ces Juifs d’Egypte, qui ne comprennent plus aussi bien l’hébreu classique, décident alors de traduire l’Ancien Testament en grec. Cette traduction est appelée la Septante.

 

Le Nouveau Testament est aussi écrit en grec.
Certains textes très rares ont été rédigés en araméen mais les Juifs chrétiens en Israël connaissaient aussi fort bien le grec. Les Évangiles  les Actes des Apôtres et toutes les Lettres des Apôtres aux fidèles sont écrits en grec.

Ainsi, les textes de l’Ancien Testament existent soit en hébreu, soit en grec.
Les textes du Nouveau Testament sont en grec.

Il faut maintenant souligner un fait d’importance. Quand on compare les deux sociétés, on constate que les Grecs et les Hébreux ont la même conception et la même expérience des rêves. Les traducteurs n’ont donc pas eu grande difficulté à trouver en grec les mots qui expriment l’expérience des Hébreux.

Cependant, pour ne pas alourdir mon propos, je ne vous présenterai pas la douzaine de termes grecs que le français traduit pauvrement et sans nuances par les mots songe, rêve ou vision.

Après ce détour j’en arrive à mon propos d’aujourd’hui :


Quelle est la conception du rêve dans la Bible ?

A chaque fois, on peut lire que c’est l’Eternel qui vient s’adresser à l’homme dans les rêves et les visions. C’est une constante qui ne se dément jamais.
Il n’y a pas d’autre présentation. C’est une donnée absolue, jamais contestée, du début à la fin de la Bible.

En voici la première mention dans la Genèse, ch. 15, v. 1 :

« La parole de l’Eternel fut adressée à Abraham dans une vision. »

Et voici la dernière, celle de l’Apocalypse, un rêve gigantesque :

Jean présente ce qu’il voit et entend par ces mots :

« Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée…et qu’il fait connaître par l’envoi de son ange à son serviteur Jean… Moi, Jean,
…je fus ravi en esprit et j’entendis derrière moi une voix forte…qui disait… »

Du début à la fin, on retrouve la même façon de présenter le rêve :

Dans le livre des Nombres, ch. 12, v. 6,on peut lire :

« L’Eternel dit :

Ecoutez bien mes paroles ! Lorsqu’il y aura parmi vous un prophète, c’est dans une vision, que moi, l’Eternel, je me révélerai à lui, c’est dans un rêve que je luiparlerai.

Il n’en n’est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. Je lui parlerai bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes… »

Dieu par exemple est apparu à Moïse sous la forme d’un buisson ardent.

Citons aussi ce passage stupéfiant dans Joël, ch. 2, v. 28,où Dieu s’exprime encore à travers la bouche du prophète.

« …..Vous saurez que je suis au milieu d’Israël,
Que je suis l’Eternel votre dieu, et qu’il n’y en a point d’autre ;
Et mon peuple ne sera plus jamais dans la confusion.
Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ;
Vos fils et vos filles prophétiseront,
Vos vieillards auront des rêves
Et vos jeunes gens des visions.
Même sur les serviteurs et sur les servantes
Je répandrai mon esprit »

Quelle annonce ! Voilà une promesse très démocratique ! Le rêve, c’est le don que Dieu fait à tout le monde, quel que soit l’âge ou la position sociale, tout le monde rêve, tout le monde reçoit donc l’Esprit de Dieu.

 

6 siècles après, le Nouveau Testament commence par le récit d’ un rêveraconté par le disciple Matthieu. Mathieu était percepteur d’impôts, et, par nécessité professionnelle, il parlait aussi bien le grec que l’araméen. Il était également un homme cultivé qui connaissait l’hébreu, un comptable et un homme de lettres, qui savait aussi bien écrire que compter.

Mathieu, au ch. 1, v. 20., raconte le rêve de Joseph, qui découvre que Marie, sa fiancée est enceinte.

« Comme il y pensait, voici un ange du Seigneur lui apparut en songe et dit :

Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint Esprit ; elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus… »

Que Dieu parle dans les rêves, c’est encore ce qu’affirment les premiers chrétiens 200 ans plus tard. J’ai choisi le récit très émouvant de Sainte Perpétue pour vous le montrer.

En 203, de nombreux chrétiens vivent en Afrique du Nord, où ils sont, comme ailleurs, persécutés par les Romains. Perpétue, une jeune femme de Carthage, vient de mettre au monde un petit garçon.

Elle est jetée en prison pour sa foi chrétienne.

Là, elle écrit ce qu’elle vit, et elle raconte comment elle demande à Dieu de la guider et de la soutenir par les rêves. Elle lui demande aussi de lui dire si elle doit s’attendre au martyre ou à la libération. 


Cette façon de poser des questions aux rêves est une démarche universelle, qu’on retrouve dans toutes les civilisations et qui s’appelle l’incubation. A la même époque elle était également pratiquée dans les temples grecs et romains dédiés au dieu de la médecine et des rêves, Asclepios en grec ou Aesculapius en latin.


Voici le récit de Perpétue :

« Mon frère me dit :

- Ma sœur,..te voilà dans une position où tu peux demander une vision, afin qu’on te montre si tu dois t’attendre au martyre ou à la libération. 

Et moi, écrit Perpétue, consciente des bienfaits que Dieu m’avait si richement prodigués dans les dialogues que j’avais coutume d’avoir avec lui, je promis, remplie d’une foi confiante :
- Demain, je te raconterai.

Elle va donc demander à Dieu de lui répondre dans son rêve la nuit.

« Puis, je demandai une vision et voici ce qui me fut montré. » Elle raconte alors son rêve, reçu le lendemain, et en donne l’interprétation :
« Nous comprîmes que le rêve signifiait le prochain martyre ; à partir de là, nous ne plaçâmes plus aucune espérance dans ce monde-ci. »

Elle meurt dans l’arène.

Ce récit montre donc bien que pour les premiers chrétiens, Dieu parlait dans les rêves.

Conclusion

Quelle déduction pouvons-nous tirer maintenant de ces quelques récits ? Une constatation logique s’impose :

A l’unanimité tous les chrétiens sont d’accord pour dire que la Bible est la Parole de Dieu. Et cette parole, où s’exprime-t-elle ? C’est bien dans les rêves, dans ces scénarios qui surgissent à la vue, dans ces paroles qu’on entend à l’oreille, sans intervention de la volonté consciente !

Sur des siècles, des Hébreux, jusqu’aux premiers chrétiens, tous racontent l’expérience que Dieu prend contact avec eux par le canal régulier des rêves, pour leur donner des informations et les guider.

Leur conception, fondée, je le répète, sur l’expérience, affirme que l’être humain est en contact avec deux mondes aussi réels l’un que l’autre, un monde physique, matériel, extérieur et un monde non physique, intérieur, psychique, spirituel. L’un et l’autre font partie de sa nature et lui font vivre sa dimension humaine dans son intégralité.

Mais « les chrétiens demandent souvent pourquoi Dieu ne leur parle plus, comme on croit qu’il l’a fait par le passé. ».

A cette question Carl Gustav Jung répond tout à la fin de sa vie :

« Quand on me pose cette question, je pense toujours à ce rabbin auquel on demandait pourquoi, alors que Dieu était si fréquemment apparu aux hommes autrefois, personne ne le voyait plus aujourd’hui. Le rabbin répondit :

« Aujourd’hui, il n’y a plus personne qui soit capable de se courber assez bas. »

La réponse est pertinente. Nous sommes si fascinés, si absorbés, par notre conscience subjective, que nous avons oublié ce fait de notoriété millénaire, que Dieu parle surtout dans les rêves et dans les visions. »

3 - LE PREMIER RÊVE DE LA BIBLE :
UN GRAND RÊVE PROPHETIQUE

Nous venons de voir la conception des Anciens dans la Bible, au sujet des rêves.

Sur des siècles, des Hébreux, jusqu’aux premiers chrétiens, tous racontent l’expérience que Dieu prend contact avec eux par le canal régulier des rêves, pour leur donner des informations et les guider.

Leur conception est fondée, je le répète, sur l’expérience,

En exemple je vous présenterai aujourd’hui le premier rêve de la Bible. Je le comparerai ensuite avec des rêves ultérieurs, qui furent reçus par d’autres rêveurs sur des siècles jusqu’à nos jours.

 

Le premier rêve que raconte la Bible dans la Genèse, au ch. 15. est celui d’Abraham, qui aurait vécu environ 1800 ans avant J.C.

Il est alors appelé Abram, « père noble ». Mais il n’a pas d’enfant.   

C’est dans des circonstances difficiles qu’il reçoit ce rêve :

Dieu lui a promis qu’il aurait un enfant, mais il n’a toujours pas d’enfant.

Dieu lui a aussi promis la terre de Canaan, mais Abram n’a pas non plus de terre, puisqu’il est nomade, il a installé ses tentes en pays de Canaan, près d’Hébron.

Il vient de traverser de durs moments : il a guerroyé pour libérer son neveu prisonnier, victime d’un raid militaire, organisé par des rois voisins. Avec ses hommes, Abram les a battus, poursuivis et vaincus.

Mais maintenant, pour qui et pour quoi se bat-il ? Il sait qu’il s’en va sans enfant, sans postérité. Cette situation le tourmente.

C’est alors qu’il va faire, en deux temps, une expérience psychique intense : L’Eternel Dieu lui apparaît dans une vision, puis quelques heures plus tard, dans un rêve.

Dans sa vision tout d’abord, l’Eternel lui dit :

« - Abram, ne crains point ; je suis ton bouclier

et ta récompense sera très grande…

Regarde vers le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter… Telle sera ta postérité. »

Dieu promet aussi la possession du pays de Canaan.

Abram fait confiance à Dieu et prépare un sacrifice. Soudain, au coucher du soleil, « un profond sommeil tombe sur Abram ». Il rêve « et voici une obscurité terrifiante vient l’assaillir ».

De nouveau l’Eternel s’adresse à lui pour lui annoncer les tribulations que ses descendants traverseront. Puis il fait alliance avec Abram et renouvelle sa promesse : le pays de Canaan sera la possession de sa  postérité.

 

Regardons bien ce rêve que personne ne mentionne. Ce premier rêve de la Bible est absolument déterminant. C’est un grand rêve prophétique, qui annonce à Abram une immense descendance, alors que pour l’instant il n’a pas d’enfant.

Mais dans les années qui suivent, Abram en effet a un fils de sa servante Agar : Ismaël, et il devient ainsi le fondateur du peuple ismaélite ou arabe.

Puis sa femme Saraï, à son tour, lui donne un fils, Isaac, ce qui fait d’Abram le fondateur du peuple hébreu.

Des années plus tard, Dieu lui apparaît à nouveau et change le nom d’Abram en Abraham, qui signifie « père d’une multitude » : il est l’ancêtre et du peuple arabe et du peuple hébreu, appelé Israël.

Bien des années plus tard, en sortant de l’esclavage en Egypte,

les Hébreux se sont établis en pays de Canaan.

La prophétie du premier rêve de la Bible s’est avérée exacte.

De grands rêves prophétiques qui se sont réalisés, j’en ai présenté plusieurs l’an dernier.

J’en mentionne quelques uns pour mes lecteurs qui n’en auraient pas connaissance ou voudraient les relire :

- 330 ans avant J.C., c’est un rêve qui décide Alexandre le Grand à s’emparer de l’Asie jusqu’en Inde. Ses conquêtes et son influence ont répandu la culture grecque.

- 64 ans avant J.C., Jules César reçoit un rêve qui lui annonce qu’il dominera Rome et la terre. Ce rêve le lance dans sa prodigieuse carrière. 25 ans plus tard, Jules César est maître du monde comme le rêve l’avait prophétisé. La vie des peuples de l’Antiquité en est entièrement transformée.

- En 1863, le  ministre prussien Bismarck reçoit un rêve qui lui montre comment vaincre l’Autriche et lui annonce une immense extension de son pouvoir. Moins de dix ans après, Bismarck fonde en 1871 l’Empire allemand et en devient le chancelier. Son rêve l’a amené à construire l’Unité allemande et a transformé l’histoire de l’Europe.

Ainsi, dix neuf siècles avant J.C., Abraham reçoit un rêve prophétique qui concerne la vie de peuples. Pendant des siècles jusqu’à notre époque,  ce sont les rêves qui continuent d’annoncer les changements  politiques et territoriaux.

Dix neuf siècles après J.C. le rêve toujours prophétique transforme les frontières et l’histoire des peuples de l ‘Europe.

Je prends plaisir à vous rappeler aussi le rêve du général Patton en décembre 1944, qui lui permit de gagner la plus terrible bataille d’Europe, la bataille des Ardennes, où s’affrontèrent plus d’un million de soldats, où 180 000 moururent, bataille héroïque qui sauva l’Europe des nazis.

Mais en France on ne parle guère de la bataille des Ardennes, comme on ne parle guère des rêves.

Qu’on ne raconte donc pas que ce premier rêve dans la Bible est une sottise ou une invention ! Cette affirmation reflète le manque de culture régnant au sujet du rêve. Il suffit d’examiner objectivement l’histoire et les témoignages à travers les siècles pour constater que le rêve continue à remplir la même fonction prophétique. De nos jours comme autrefois, des années à l’avance, il donne des indications sur le destin des peuples.

 

Maintenant, je ne manquerai pas de souligner que nul n’est besoin d’être un grand homme pour recevoir un rêve prophétique.

Voici un rêve reçu il y a 3 ans par une rêveuse simple et modeste. Elle ne cherche pas à se mettre en avant. Comme Jung, le psychiatre suisse, elle sait que Dieu existe, et comme l’écrivain socialiste français André Fossard, elle affirme tranquillement : « Dieu existe, je l’ai rencontré ». 

Son rêve :

Une nuit, elle se trouve en rêve dans un petit coin à l’écart, avec quelques personnes de son entourage. Elle voit Dieu venir à eux et leur demander de sortir. Il leur dit :

« - Vous ne saurez pas où vous allez, vous serez menés. Vous devez rester ensemble. Vous n’avez rien à craindre. » Et il ajoute cette parole étrange :

«  - Le mont Saint Michel est en train de disparaître dans l’océan, sous la marée. Tout va changer. »

Elle se réveille stupéfaite.

Ce rêve semble bien annoncer la vague montante d’athéisme et de christianophobie en France et la disparition des valeurs chrétiennes, symbolisées par la présence du Mont Saint Michel.

Il y a plus de 20 ans, cette situation était déjà annoncée à une autre rêveuse en 1990 dans son rêve où l’on avait pissé sur le buste du Bodhisattva, qui était en fait le buste du Christ.(5)

 

Le premier rêve de la Bible le montre, les témoignages les plus récents le confirment : le rêve sur 4000 ans annonce aujourd’hui comme autrefois des bouleversements qui concernent la destinée des peuples. Nous sommes tous concernés.

 

4 - UNE FORCE QUI PORTE

Je vous ai raconté ci-dessus le rêve où Dieu promet à Abram que sa descendance possédera le pays de Canaan. Je vais examiner aujourd’hui les conditions dans lesquelles ce rêve a été reçu, et nous aurons peut être quelque surprise quand je comparerai ces conditions avec l’expérience de deux autres personnes.

Abram vient de battre les rois voisins pour libérer son neveu Lot, fait prisonnier. Le voilà de retour, assis sous sa tente. ( Genèse, ch.15 )

Il considère sa situation et fait un bilan :

- Oui, il est vainqueur, mais en fait, il n’a rien gagné : il a même refusé de prendre le moindre trésor de guerre pour lui-même. C’est fort bien, mais, jusqu’à maintenant il vivait en paix avec les rois voisins, maintenant il s’en est fait des ennemis qui vont revenir punir ce nomade étranger. Abram ressent douloureusement qu’il n’a pas de terre qui lui appartienne et le protège. Sa position a de quoi inquiéter.

Bien sûr, il se sait béni de Dieu, qui lui a déjà promis plusieurs fois qu’il donnerait la terre de Canaan à sa postérité.

Mais depuis, cette promesse n’est toujours pas réalisée. Car pour l’instant, les années passent, et lui Abram, n’a toujours pas de terre et surtout pas d’enfant qui assure sa lignée. Il a beau aimer sa femme, la belle Saraï ;

il a beau être un nomade riche et triomphant, posséder des serviteurs et des troupeaux, la seule chose qu’il désire, un fils, il ne l’a pas. Saraï est stérile.

Immense frustration, longue épreuve, désespoir sombre et caché.

Il se sent seul, submergé par son impuissance, poigné d’angoisse.

Et c’est là que, dans une vision, Dieu intervient et le console en une parole :

« - Abram, ne crains pas, je suis ton bouclier …»

 

Voici maintenant Marine, une femme vaillante. Elle a construit seule sa situation, elle se bat comme une lionne et réussit, en passant par des hauts et des bas, à traverser épreuve sur épreuve. Aujourd’hui, elle est épuisée, vidée, minée de surcroît par une grave gastro-entérite. Elle se demande à quoi bon toujours lutter et se sent l’envie de renoncer, d’abandonner, de partir… de mourir.

Cette nuit, elle reçoit un rêve.

Rêve : Est-ce que je vais m’en sortir ?

Je me retrouvai dans un petit chemin, j’étais seule. C’était la nuit. J’étais dans le noir absolu. Je me sentais mal à l’aise, avec un mauvais pressentiment. Je me demandais : « Est-ce que je vais m’en sortir ? »

C’est alors que j’ai senti deux mains qui me prenaient sous les aisselles et me sauvaient. Cette sensation était si forte que je me suis réveillée.

Plusieurs jours durant j’ai encore senti le contact ferme de ces deux mains autour de mon corps qui me portaient.

Marine se trouve dans la même situation que notre célèbre ancêtre : sa vie ne lui offre aucune perspective, elle se bat sans cesse pour ne rencontrer que des épreuves. Dans le désarroi, sans force, sans aide, elle se retrouve seule.

Et c’est justement dans le vide de cette solitude qu’une force inconnue et familière survient, la saisit, la porte et la sauve. Et comme elle en témoigne, le lendemain, elle s’est sentie remplie de force et a repris sa vie avec entrain.

Un troisième exemple maintenant vous montrera encore que c’est justement dans les expériences douloureuses que le divin se manifeste.

Voici la vision de Catherine de Sienne (1347 à 1380), mystique catholique qui mena une vie très active au service de l’Eglise. Vous la connaissez sans doute.

Vision : Les moments les plus douloureux de ma vie

Dans sa vision Catherine dialoguait avec le Christ, elle regardait avec lui des traces de pas qui avançaient sur le sable du rivage, au bord de la mer. Il y avait quatre empreintes, donc ces traces étaient celles de deux personnes qui cheminaient côte à côte. Elle comprit que ces pas étaient les siens et ceux de Jésus qui l’accompagnait dans sa vie.

Elle regarda attentivement et constata qu’à certains endroits, il n’y avait que deux traces de pas.

Etonnée, elle dit alors à Jésus.

« - Seigneur, je vois que tu m’as accompagnée souvent tout au long de ma vie, mais quand je regarde là où il y a seulement deux traces de pas, je m’aperçois qu’elles correspondent aux moments de ma vie les plus douloureux, et,...Seigneur, ...à ce moment là,... tu n’étais pas là ! »

« - Mais si, ...lui répondit Jésus, j’étais là,… regarde,… ce sont mes traces de pas, à ces moments là, c’est moi qui te portais. »

 

Je vous laisse en conclusion avec cette constatation de Jung :

 « L’expérience de l’inconscient entraîne l’isolement. Beaucoup ne peuvent pas le supporter. Pourtant le colloque solitaire avec le soi est l’expérience la plus haute et la plus décisive de l’être humain. Car quelqu’un doit déjà être seul pour ressentir ce qui le porte, quand il n’est plus en mesure de se porter lui-même. » 

Je reprends :

« Quelqu’un doit être seul pour ressentir ce qui le porte, quand il n’est plus en mesure de se porter lui-même. »

Quel que soit le nom qu’on emploie, le divin, Dieu, l’inconscient, le soi ou autre, l’expérience vécue est la même : quand l’humain se sent perdu dans l’épreuve et la solitude, cette Force surgit, le protège et le porte. C’est bien là l’expérience d’Abram, il y a presque 4000 ans, de Catherine de Sienne il y a 700 ans et de Marine de nos jours. Jung en confirme l’existence.

Et si vous regardez vos rêves, peut être découvrirez-vous, vous aussi, la présence de cette force qui porte.

5 - UNE FORCE BIENVEILLANTE

Nous allons voir maintenant cette force à l’œuvre dans le rêve de Salomon.

Je mettrai le vieux récit biblique au présent, pour le faire sortir des poussières du passé.

Nous voici il y a environ 3000 ans, en 950 av. J.-C., 1000 années se sont écoulées depuis Abraham. Ses descendants forment un peuple qui s’est installé sur la terre de Canaan annoncée à leur ancêtre.

David, leur roi, après 40 années de règne, sent sa fin approcher.

Devant « l’Eternel qui l’a délivré de toutes les détresses » il a juré que son second fils Salomon lui succéderait. Il a donné la préférence à ce « jeune ado » de douze ans. Il le fait appeler et avant de mourir il lui donne ses derniers ordres, ses ultimes recommandations :

« - Je m’en vais par le chemin de toute la terre. Fortifie-toi et sois un homme ! » Et le vieux roi lui demande de marcher fidèlement devant Dieu dans la droiture, de tout son cœur et toute son âme.

« Observe les commandements de l’Eternel ton Dieu, en marchant dans ses voies et en gardant ses lois…selon ce qui est écrit dans le livre de Moïse, afin que tu réussisses dans tout ce que tu feras et partout où tu te tourneras. »

 

Quelques années plus tard, Salomon s’allie par mariage avec la fille de Pharaon.

Puis, il décide de célébrer l’Eternel, ce dieu qu’il aime. Comme il n’y a pas de temple à Jérusalem, il se rend à Gabaon, où se trouve le haut-lieu le plus important pour cette cérémonie.

Le jeune roi offre un sacrifice grandiose : rien de moins que mille bêtes, ovins et bovins, disparaissent en holocaustes, c’est à dire qu’elles sont entièrement consumées par le feu sur l’autel. Rien n’est récupéré : ni la peau, ni les cornes pour les utiliser, ni la viande pour s’en nourrir. C’est une perte pure et simple.

Dans l’antiquité, un sacrifice a souvent lieu dans un but intéressé, on établit un marché et l’animal offert est la monnaie d’échange pour obtenir la faveur du dieu. Cependant, ici, la perte est trop énorme pour que le marché paraisse même équitable : pour un peuple de pasteurs, sacrifier 1000 têtes de bétail, cela représente une immense perte à court et à long terme, un manque à gagner incalculable, un renoncement total à des gains futurs.

On peut ainsi affirmer avec juste raison que pour débuter son règne Salomon fait vraiment un don d’amour à l’Eternel, comme le souligne l’écrivain biblique.

Voilà donc un tout jeune homme qui semble déjà faire preuve d’une grande qualité : il se montre désintéressé et n’a pas peur de perdre des biens matériels.

 

Après la cérémonie, Salomon passe la nuit à Gabaon. Et là il reçoit un rêve.

Dans le rêve, Dieu va le mettre  à l’épreuve. Le fils de David est-il vraiment aussi désintéressé qu’il veut le faire paraître ? Pourquoi a-t-il décidé un sacrifice aussi énorme ? Est-ce vraiment pour donner à l’Eternel la preuve de son amour ? N’a-t-il pas tout de même une idée derrière la tête ?

Le rêve organise alors un scénario où les véritables motivations du roi vont se révéler. Un dialogue s’instaure et Dieu va « sonder les entrailles » du dormeur.

Rêve :

Dieu lui apparaît et lui dit :

 « - Demande ce que tu veux que je te donne.

Et Salomon dans son rêve répond :

-Tu as témoigné une grande bienveillance à ton serviteur David mon père, parce qu'il vivait fidèlement selon ta volonté, de façon juste et avec un cœur droit. Tu lui as conservé cette grande bienveillance et tu lui as accordé un fils qui siège aujourd'hui sur son trône.

Maintenant, Eternel mon Dieu, c'est toi qui m'as fait régner, moi ton serviteur, à la place de mon père David, alors que je ne suis encore qu'un petit adolescent et que je ne sais pas gouverner.

Voilà ton serviteur au milieu de ton peuple que tu as toi-même choisi, un peuple nombreux qui ne peut être dénombré ni compté, tant il est nombreux.

Veuille donc donner à ton serviteur un cœur intelligent pour administrer la justice pour ton peuple, afin qu'il sache discerner entre le bien et le mal ! Sans cela, qui pourrait administrer la justice pour ton peuple qui est si nombreux ?

 

Regardons cette réponse :

Elle met en évidence différentes qualités :

- Salomon est capable de gratitude : il est conscient de tout ce que Dieu lui a accordé, il le reconnaît et souligne deux fois combien Dieu s’est montré bienveillant envers lui et son père.

- Il est aussi remplie d’humilité : il vient d’arriver au pouvoir et se rend bien compte de  son inexpérience, de la faiblesse de son jugement pour discerner le bien du mal et rendre justice.

- Il a le sens de ses responsabilités, le souci de gouverner dans l’intérêt de son peuple.

- Enfin, il n’exerce pas le pouvoir pour servir ses intérêts personnels, il se présente comme le serviteur de son divin interlocuteur.

 

Rendre grâce à Dieu des faveurs qu’il lui accorde, Le servir, servir Son peuple, voilà les désirs qui anime le jeune roi au plus profond de lui même. Oui, vraiment le petit jeune homme inexpérimenté est un homme désintéressé, qui aime le Seigneur son Dieu de tout son cœur et de toute son âme.

 

Quelle est la suite du rêve. Comment Dieu réagit-il ?

Cette demande de Salomon plait au Seigneur.

Alors Dieu lui dit :
- Puisque c'est là ce que tu demandes, et que tu ne demandes pour toi

ni longue vie,

ni richesse,

ni la mort de tes ennemis,

mais l'intelligence nécessaire pour exercer la justice avec droiture,

eh bien, je vais réaliser ton souhait.

Je te donnerai un cœur sage et intelligent, comme à personne dans le passé, ni dans l'avenir.

De plus, je t'accorde ce que tu n'as pas demandé :

la richesse et la gloire, de sorte que pendant toute ta vie aucun roi ne t'égalera.

Enfin, si tu marches dans les chemins que j'ai prescrits, si tu obéis fidèlement à mes lois et mes commandements, comme ton père David, je prolongerai tes jours.

 

Salomon se réveille avec ce rêve présent à l'esprit. Il rentre à Jérusalem, il offre de nouveaux des sacrifices d’actions de grâce et fait un festin à tous ses serviteurs.

Jamais aucun roi d’Israël n’eut un règne aussi brillant que celui de Salomon. Il fit construire le temple de Jérusalem, il assura à son peuple la paix et la prospérité.

Nous verrons la prochaine fois comment ce dieu bienveillant peut aussi fort bien changer d’attitude....

A suivre...

Bibliographie :
La Bible :
Je travaille à partir de plusieurs Bibles :
Les bibles françaises :
La sainte Bible, Alliance Biblique Universelle, 1956
La Bible de Jérusalem, éditions Desclé de Brouwer, 1975
La Bible en allemand :
Die heilige Schrift, Verlag des Zwingli-Bibel Zûrich, 1942
La Bible en anglais : The Holy Bible, King James version, National Publishing Company, 1978
1) La passion de Perpétue, Marie Louise von Franz, Editions Jacqueline Renard; La Fontaine de Pierre
(2) L’homme et ses symboles, Carl Gustav Jung, p. 102, éditions Robert Laffont
Buchet
La Bible 1 Rois, 1, 29 - 1 Rois, 2, 3


Sources du 23.09.2013 :

http://christiane-riedel.blogspirit.com/science/ et suivantes
http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2013/06/18/1-les-re...
http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2013/08/17/une-forc...
http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2013/09/23/une-forc...

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Vous avez un libre-arbitre,
je vous invite à utiliser votre discernement

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