LES NOMBRES PEUVENT GRANDEMENT INSTRUIRE

Par Bertrand Duhaime

Dans l’étude d’un symbole, en raison de l’avalanche possible des renseignements ou de leur nouveauté qui complique la compréhension personnelle, ce qu’un autre en dit revêt assez peu d’importance.  Il importe d’abord de vérifier ce que, pour soi, un message signifie, et accorder la priorité à ce message intime.  Ainsi, chacun ne doit retenir d’une conversation, d’une lecture ou d’un cours que ce que son intuition profonde lui signale comme significatif et éclairant, parce qu’il le ressent bien.  Quant au mot «nombre», il désigne les numérations de 1 à neuf qui forment ensuite les chiffres, avec l’addition historique du zéro (0) pour produire une division décimale des chiffres.  Le nombre est au fondement de la Création, avec la Géométrie sacrée, le Son primordial et les couleurs. 

 

0 : Le mot zéro provient du mot arabe «çifu», qui signifie vide.  Symbole du Néant, du Vide Absolu, du non manifesté, du Chaos, duquel tout est sorti, il désigne d’abord l’Œuf originel fermé.  Il figure l’œuf ou le renouveau et il identifie le principe passif relié à la matière.  Il désigne l’Être indéterminé, ou encore le Non-Être.  Il évoque les idées latentes ou potentielles, non encore manifestées mais qui existent de façon virtuelle, n’attendant qu’une intervention divine pour sortir du Néant et surgir dans la Création.  Il représente l’Origine de toute chose et en même temps la limite à atteindre, le point de départ et le point d’arrivée d’un cycle -‑illustrant l’identité paradoxale du non-être et de la plénitude de l’être.  Ce perpétuel va-et-vient génère des vibrations — pouvant représenter le Chant du Verbe-‑ qui font surgir la Manifestation (Création).  Parfois, il désigne le nombre parfait, exprimant le Tout, donc l’Univers.  Ce signe numérique, sans valeur par lui-même, tient la place des valeurs absentes dans les nombres. Uniquement par sa position, il confère à d’autres de la valeur, le zéro multipliant par 10 les nombres placés à sa gauche.  On l’associe à l’intervalle de la génération ou de la manifestation.  À certains égards, le zéro indique le plan des réalisations.  De par sa forme de notation, qui est circulaire, il est considéré comme un symbole d’unité et aussi d’éternité, parfois du commencement.

     Contrairement à la croyance générale, cette figure donne souvent un excellent pronostic puisqu’il est associé aux énergies latentes, donc aux potentialités de tout ce qui, peut-être, fut ou sera, selon les choix d’un être libre.  Au niveau de l’immédiateté, donc de l’ici et maintenant, il indique la suppression de ce qui est inutile et il révèle la solution à exprimer.  Il réfère à ce qui est sans valeur pour soi, mais uniquement par sa position.  Il peut désigner la personne qui n’a de valeur que par délégation.  Dans la vie courante, il peut référer au pas à faire pour reprendre sa course ou reprendre son élan, comme on le comprend dans l’expression repartir à zéro

    Les trois zéros (000) désignent le Grand Vide cosmique et ils évoquent l’expérience d’une zone neutre.  Souvent, ils révèlent le fait de passer à un champ énergétique nouveau.  On doit se rappeler que l’on ne fait qu’un avec l’Univers pour s’ouvrir à tout l’amour qu’il comprend.  En ce moment, à n’en pas douter, une situation a terminé un cycle complet.

   Les zéros multiples éclairent un espace qui n’est pas utilité, un potentiel inexploré, les possibilités ouvertes.  Dans le concret, ils peuvent signifier qu’on manque temporairement d’énergie, qu’on est fatigué, qu’on manque de confiance en soi, qu’on se laisse porter par les événements sans faire d’efforts.

1 : Le un est à l’origine de tout.  Il s’agit de la particularisation de la pensée divine en un être, de Dieu sorti de Dieu, le Un sorti du Zéro, le Zéro qui se particularise, le rejeton de la Matière primordiale, le Dieu unique qui a créé toutes choses et qui peut désormais s’ajouter à lui-même, se retrancher, se multiplier, se combiner en formules compliquées pour créer tout ce qui est mesurable.  Ce chiffre n’admet ni division, ni pluralité, ni discorde.  Il évoque les notions d’Unité, de Tout, de Centre.  Autorité, volonté, ambition, individualisme.  Énergie dynamique, principe masculin, le père.  Goût pour le commandement, courage, désir de réussir par soi-même, volonté de briller et de diriger.  Exigence, confiance en soi, tendance à la domination et à l’égocentrisme.  Action, créativité, invention, initiatives personnelles, opportunisme.

     Le chiffre un est relié à l’Essence unique, à l’Être-Un, à l’Être suprême, à la Cause première ou au Principe unique qui contient tous les autres et qui marque le commencement de tout.  C’est le Tout cosmique indivisible.  Il est le seul chiffre réel puisque tous les autres en représentent les divers aspects.  Dans la Création, on l’associe au Père, à l’Origine ou à la Genèse, et il révèle un commencement, une naissance ou un recommencement, une renaissance, un nouveau départ.  Il rappelle que seule la notion d’Unité peut rétablir l’Ordre dans l’Univers et sauver l’Humanité, d’où on dit que l’Unité est la Source de la Sagesse.  Graphiquement, il désigne un point de départ, une ligne, un rayon géométrique.  On peut autant le considérer comme le Chiffre parfait de la plénitude que comme un chiffre imparfait et incomplet.  Il s’agit de vérifier le point de vue : pense-t-on à la Totalité achevée, donc à une Totalité qui contient tout, ou au Germe, élément primaire relié à une genèse, à un début, à un départ?  En outre, s’il peut contenir en lui l’Unité indivisible, il ne peut se manifester seul, en ce sens que, au niveau de la Manifestation ou de l’Émanation, il représente toujours la moitié d’une chose double.  En soi, c’est le seul nombre absolu puisque le un est Tout et que rien n’existe en dehors de lui que pour exprimer un aspect de lui, soit son développement dans la Multiplicité.  De ce fait, il est inutile de chercher une valeur pleine aux autres nombres et chiffres puisqu’il les contient tous.  Car le un, c’est le Centre nucléaire absolu, le Principe actif et créateur, l’Énergie infinie, le Point métaphysique, l’Alpha-Oméga.  Mais le un peut exprimer l’Être, le Fait, le Sujet, l’Objet, un ensemble conçu intellectuellement, en tant que réalité abstraite ou concrète.  Pour se manifester, il doit commencer par trouver sa moitié apparente, se regarder dans un miroir qui peut le réfléchir.  En cela, il révèle la Source suprême, le Principe non manifesté duquel découle toute manifestation et auquel toute manifestation retourne.

    Le chiffre un représente un nombre pair et impair, donc androgyne.  Figure de l’Unicité première, reliée au Principe non-manifesté, au Monde de l’Infiniment possible, il est associé au Créateur, au Maître du Verbe et à la Parole elle-même, au Lieu ou à l’État symbolique de l‘être, Source et fin de toutes choses.  Il évoque d’abord le Monde de Dieu, l’aspect intemporel, l’incréé, le Monde interdit.  Source et Principe de tous les nombres, il est associé au poids atomique de l’hydrogène (H), ce qui peut aider la compréhension de l’Alchimie spirituelle, au sens de Transmutation des élémentaux.  Il s’agit du Bien, le Principe divin transcendant, relié à la Lumière, d’où proviennent tous les êtres.  De ce fait, il révèle que la relation de l’âme humaine avec l’Un est le plus haut degré du processus d’affranchissement et d’intériorité.  Au niveau universel, le un est relié au Soleil, à Neptune, à l’Aurore et à l’Est métaphysique.  On l’associe à Castor et au pinceau. 

     Dans le domaine expérientiel, il exprime le fondement positif d’une œuvre ou d’une création et il symbolise la mise à profit des aptitudes intellectuelles, l’adresse, la sagacité, l’aptitude à bien employer les forces de son mental, à maîtriser les événements.  Associé au chef de file, au rôle de chef, au droit d’aînesse, à la tête, à la conscience, il marque la confiance en soi, l’esprit d’initiative, l’esprit de décision, la détermination, la volonté agissante, la débrouillardise, la sécurité, l’équilibre de la sensibilité, la maîtrise de ses moyens, la dextérité, l’esprit paternel.  Il peut encore évoquer un premier stade ou un premier pas dans une démarche ou une entreprise.  D’où il peut véhiculer le message que le temps est venu de choisir la manière dont on veut exprimer sa force vitale, sa force créatrice.  Il peut encore signifier que quelque chose se met en branle, d’où il faut laisser le temps agir puisque rien n’est arrivé à maturité.  On peut autant choisir de prendre son essor en choisissant de jouer un rôle déterminant dans la société que se retirer pour développer son individualité dans la solitude.  En quelque sorte, on détient ce choix de devenir un héros ou un ermite et on doit en décider librement selon la loi la plus intime de sa nature.

            Sens contingent : Associé au «Bateleur» du «Tarot», le un désigne le Soi, le Centre, la solitude, d’où il met face à la vie et à la mort.  Il traduit l’énergie dynamique (électrique) du Principe masculin en tant que Père : puissance, choix de commander (et seul), émissivité, créativité, esprit raisonnable, réalisme, franchise, approche directe, exigence, patience, persévérance, désir de réussir par soi-même, volonté de briller et de diriger, opportunisme, esprit dominateur.  Il désigne un être qui présente une personnalité rayonnante, hors du commun, et qui possède un grand réservoir d’idées, qui porte en lui le pouvoir de les faire germer et qui, à son insu, en impose à tout le monde autour de lui.  Celui-ci recherche les responsabilités et il sait les assumer avec force d’âme.  Il vit à l’écoute de ses sentiments et de son aspiration spirituelle.  Il réalise ses rêves, ce qui remplit sa vie de dynamisme.  Regardant vers les hauteurs, il recherche constamment le mieux-être et l’amélioration à tous égards.  Sa situation élevée permet de voir le monde sans son ensemble sans en sentir trop les lourdeurs.  Plutôt individualiste, égocentrique, autonome, il aime fonctionner seul et décider seul.  Il ne tolère pas que les autres se mêlent de ses affaires.  Ainsi, il devient fort ou faible selon qu’il canalise efficacement sa force.  S’il brûle ses énergies, il risque de se perdre dans ses nobles idées sans parvenir à les manifester ou à les incarner.  Et s’il ne sait pas partager les bienfaits dont le Ciel le comble, il risque de devenir tyrannique, nerveux, emporté, irritable, intransigeant, voir cruel et brutal.

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