QUESTIONS ET RÉPONSES SUR UN COURS EN MIRACLES

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(Un service repris par l'association pour Un cours en miracles en France)

Le service des Questions et réponses de la Foundation for A Course In Miracles (FACIM) aux Etats Unis a débuté en octobre 2002 à l’intention des étudiants d’Un cours en miracles afin qu’ils puissent poser des questions à propos de la théorie et pratique du Cours. Les près de 1400 questions et réponses ont été postées chaque semaine jusqu’en 2008 et vont petit à petit pouvoir être consultées sur ce site en français. Elles s’y trouveront suivant le progrès de la traduction.

Ce site est maintenu par l’ « Association pour Un cours en miracles en France« . Nous tenons à remercier de tout cœur tout d’abord l’équipe de la Foundation for A Course In Miracles pour leurs années d’efforts et de dévouement quant à la conception et le développement de cette base de données, mais aussi André Bonneau et Franchita Cattani pour la traduction.

Liste des questions

1   – Le langage chrétien du Cours
2   – L’usage de rituels religieux
3   – Les différents niveaux de signification dans le Cours
4   – Concilier la guerre contre le terrorisme et les enseignements du Cours
5   – L’utilisation du genre masculin dans le langage du Cours
6   – Le caractère unique du Cours comme voie spirituelle
7   – Regarder le monde sans jugement
8   – Regarder le monde sans jugement
9   – Attaquer les personnes qui étendent l’amour
10 – Quelques questions sur l’apparition de l’ego
11 – Comment entendre la Voix du Saint-Esprit ?
12 – Comment former et animer un groupe
13 – La signification de « purification »
14 – La guérison du corps
15 – La mort et le chagrin
16 – La réalité du corps
17 – Défaire la séparation
18 – Que signifie « volonté »
19 – La nature de la culpabilité
20 – Amitié et liaison amoureuse

1 — Le langage chrétien du Cours

: Il semble qu’à un moment donné, toutes les théologies convergent, et ce faisant, elles dépassent leur forme individuelle pour devenir la pure Vérité. Cela me rend perplexe parce que cela implique que la forme chrétienne que le Cours utilise est (excusez-moi) sans importance et temporaire. Sachant cela, je constate que l’anthropomorphisme continuellement utilisé dans le texte me rend impatient et je souhaiterais qu’il soit plus direct. Inutile de dire que cela empêche ma progression personnelle, quoique cela ne change rien à ma révérence. Selon votre expérience, est-ce un phénomène courant ? Est-ce que cela disparaîtra avec le temps ? Est-ce simplement une stratégie de l’ego ? Comment gérer cela ?

R : Le contexte chrétien du Cours a été un problème pour les élèves dès le tout début, et ils ont soulevé la même question importante que vous. Afin de résumer et pour développer légèrement votre question, pourquoi un message universel devrait-il avoir été transmis dans un cadre religieux si concret ? Et est-ce que cela ne va pas engendrer inévitablement encore plus de séparation, tout en niant l’universalité de la religion précise ?

En effet, le langage chrétien d’Un cours en miracles, sans mentionner la présence de Jésus tout au long du livre, peut poser un énorme problème pour bon nombre d’étudiants. Si leur ego cherche un moyen pour invalider le matériel ou pour ériger des obstacles à l’apprentissage, Jésus et le christianisme peuvent devenir des alliés très utiles dans cette bataille contre la vérité. D’autre part, avoir recours à l’aide du Saint-Esprit peut présenter une leçon de plus pour apprendre joyeusement à pardonner notre particularité.

Tandis qu’on ne voudrait nullement restreindre Un cours en miracles à un groupe culturel particulier, on peut néanmoins dire que dans l’ensemble, il s’adresse à un public occidental. Sa langue (anglaise dans l’original), ses tournures liées à cette culture et les éléments freudiens, platoniciens et shakespeariens s’adressent tous à des lecteurs qui sont à l’aise dans la tradition occidentale. Et on peut certainement dire que l’influence prédominante dans le monde occidental des 2000 dernières années a été le christianisme, Jésus en étant clairement la figure dominante, soit comme symbole de l’amour du Ciel, ou comme symbole de l’amour particulier (ou de la haine particulière) de l’ego. Il n’y a donc pas un seul étudiant occidental, qu’il soit chrétien, juif, agnostique ou athée qui, d’une manière ou d’une autre, n’ait pas été influencé par Jésus ou par les religions qui se sont développées en son nom. Ainsi le cadre chrétien d’Un cours en miracles offre une occasion toute naturelle pour que les étudiants puissent pratiquer le pardon concernant leurs expériences passées.

En fin de compte, bien entendu, tous les symboles distincts disparaîtront dans l’Unité de Dieu. Mais jusqu’à ce jour, nous avons besoin du concret pour les petits pas de pardon que nous faisons pour atteindre la réalité non duelle se situant au-delà de tous les concepts dualistes et au-delà de tous les symboles. Comme on peut lire dans le livre d’exercices : « Dieu fera ce dernier pas Lui-même. Ne Lui refuse pas les petits pas qu’Il te demande de faire vers Lui » (L-I.193.13:6-7). Ainsi, les anthropomorphismes chrétiens reflètent notre propre point de vue anthropomorphique de nous-mêmes, car en vérité nous ne sommes ni des corps ni des personnes particulières, mais des pensées non humaines dans l’esprit. Toutefois, tant que nous nous identifions avec la personne concrète dont nous voyons l’image tous les matins dans le miroir de notre salle de bains, nous aurons besoin d’un programme d’apprentissage qui se sert de symboles concrets pour nous rejoindre dans l’état dans lequel nous pensons exister et donc « …utiliser le langage que cet esprit peut comprendre, dans la condition où il pense être » (T-25.I.7:4). Le christianisme nous offre l’un de ces ensembles de symboles. Et pour cette possibilité qu’il nous offre, nous devrions tous être reconnaissants.

2 — L’usage de rituels religieux

Q : En tant qu’étudiant relativement récent du Cours, les rituels que j’utilisais dans la pratique de mon éducation religieuse me manquent à présent. Y a-t-il des choses qu’un étudiant pourrait faire, sans toutefois aller à l’encontre des enseignements du Cours ?

R : Il est vrai qu’il n’existe aucun rituel dans Un cours en miracles, puisqu’il se concentre toujours sur le changement de notre esprit, et non sur notre comportement. Toutefois, il n’y a certainement rien de « mal » à ce que les étudiants qui le désirent pratiquent ce qui favorise leur croissance spirituelle en suivant le Cours. Il existe très, très peu de "tu dois ou ne dois pas" dans le curriculum. Comme il nous est dit dans le Manuel : « Le curriculum est hautement individualisé » (M-29.2:6), et donc les étudiants feraient bien de se laisser guider par le Saint-Esprit.

La seule mise en garde serait de ne pas adopter des rituels susceptibles de devenir un substitut au travail intérieur. Comme Jésus nous dit dans le livre d’exercices : « Le rituel n’est pas ce que nous visons et cela irait à l’encontre de notre but » (L-I.r.III.in.2:4), et dans le Manuel : « Les routines comme telles sont dangereuses, parce qu’elles deviennent facilement des dieux elles-mêmes et mettent en péril les buts mêmes pour lesquels elles ont été montées » (M-16.2:5).



3 — Les différents niveaux de signification dans le Cours

Q : Dans ma branche, le degré de respect des détails et de précision fait toute la différence entre ce qui est perçu comme un travail d’amateur et un travail professionnel. Pourtant, un certain nombre d’étudiants du Cours m’ont dit que le genre de travail que je fais n’est pas important dans le l’ordre général des choses, et que je devrais simplement « lâcher prise » lorsqu’il s’agit de gérer la qualité du produit fini. Je suis perplexe. Pourriez-vous s’il vous plaît m’aider à comprendre ce qui m’échappe ?

R : Ce qui vous échappe, c’est que certains étudiants du Cours souffrent de ce que nous appelons la « confusion des niveaux ». Cette erreur que tout le monde fait confond les enseignements métaphysiques du Cours – Niveau 1 – avec la partie du Cours qui traite uniquement du rêve illusoire – Niveau 2 - .

Dans votre question, le Niveau 1 est représenté par l’« ordre général des choses » c’est-à-dire que « Rien d’irréel n’existe » (T-in.2:3), et le Niveau 2 est représenté par vous et votre travail, c’est-à-dire un corps qui vit dans un monde contrôlé par des normes du bien et du mal. Tant que vous croyez être en ce monde, il est important de faire de votre mieux dans tous les rôles que vous avez choisis. Vos rôles précis constituent les classes que le Saint-Esprit peut utiliser pour vous enseigner le pardon. Sans le concret nous ne pourrions jamais nous rendre à "Celui Qui est" entièrement au-delà du monde. Il est important toutefois de savoir qu’en fin de compte le travail que vous faites n’a aucune importance. Ce qui importe, c’est avec qui vous le faites. Et vous saurez avec qui vous avez travaillé selon que vous êtes en paix ou anxieux.



4 — Concilier la guerre contre le terrorisme et les enseignements du Cours

Q : Après avoir lu votre article dans The Lighthouse (Le Phare : publication trimestrielle de la « Foundation for A Course in Miracles »http://www.facim.org) de décembre 2001 intitulé “September 11th and the Aftermath” (« Le 11 septembre 2001 et ses répercussions »), je me demande si un étudiant du Cours peut mener une guerre contre les terroristes et ne pas être sur le champ de bataille avec l’ego, mais avec Jésus à la place ?

R : Oui, en principe c’est possible puisqu’ Un cours en miracles n’est pas un cours sur le comportement, mais plutôt un cours sur le changement de notre façon de penser, ou mieux encore, avec qui nous pensons. Croire autre chose voudrait dire qu’il y a des situations dans le monde qui ne peuvent pas être utilisées par le Saint-Esprit ou Jésus comme des occasions pour nous d’apprendre le pardon.

Si on considère qu’il faut deux personnes, chacune jointe à l’ego, pour produire un champ de bataille, le fait qu’une des deux pourrait choisir de penser avec Jésus éliminerait le champ de bataille. À ce moment-là celle-ci ne ferait pas la guerre, mais plutôt, pour paraphraser le texte, fixerait une limite à l’aptitude d’autrui de « malcréer » (T-2.III.3:3). Comme c’est exprimé dans l’article : « Il y a moyen de faire cesser l’agression, que ce soit au niveau individuel ou sur le plan mondial, qui peut être ferme et résolu et pourtant faire preuve de bonté. » Cette façon, c’est de se joindre à Jésus. Avec Jésus à nos côtés, nous verrions les terroristes comme étant terrifiés plutôt que mauvais. Reconnaissant leur appel à l’aide et à l’amour, nous accomplirions toute action ou inaction dans la direction vers laquelle l’amour de Jésus nous guiderait.



5 — L’utilisation du genre masculin dans le langage du Cours

Q : Qu’en est-il de l’utilisation d’un langage axé sur le genre masculin ? Jusqu’à présent je n’ai pas rencontré une seule référence à cinquante pour cent de la population mondiale. Ou bien les femmes ne sont-elles qu’une illusion de plus ? J’aime encore le Cours, mais cette affaire du genre dans le langage me dérange.

R : Cette question ressemble à la 10e question dans « Questions et réponses sur Un cours en miracles » de Gloria et Kenneth Wapnick, livre publié par les éditions Octave à Montréal. Une réponse dans ce livre, légèrement modifiée, est que Jésus ne pratique pas l’art de ce qui est « politiquement correct. » Au contraire, son Cours est écrit avec le matériel linguistique de la tradition judéo-chrétienne, dominée par des hommes, et il utilise le langage biblique patriarcal sur lequel repose cette tradition. Par conséquent, le Cours se conforme à cette culture religieuse en utilisant des termes exclusivement masculins. Jésus lui-même parle de son utilisation du langage axé sur l’ego : « Ce cours reste dans le cadre de l’ego, où il en est besoin… Il utilise des mots, lesquels sont symboliques et ne peuvent exprimer ce qui se trouve au-delà des symboles » (C-in.3:1,3).

Il est donc clair que la signification de l’emploi de ce langage dans le Cours se situe ailleurs. Tandis que la forme des mots du Cours est la même que celle de la tradition occidentale vieille de deux mille cinq cents ans, son contenu est exactement le contraire. Ceci fournit un bon exemple d’un principe énoncé deux fois dans le texte, à savoir que le Saint-Esprit ne nous enlève pas nos relations particulières (la forme), mais au contraire qu’Il les transforme (en changeant leur but, le contenu) (T-17.IV.2:3-6, T-18.II.6). Par conséquent, le lecteur a une merveilleuse occasion de pratiquer le pardon en voyant remonter à sa conscience, grâce au langage « sexiste » du Cours, toute sorte de jugements enfouis dans l’inconscient, de sorte qu’ils puissent maintenant être regardés différemment avec l’aide du Saint-Esprit. De cette façon, une relation de haine (ou d’amour) particulière avec les autorités patriarcales – religieuses ou laïques – peut être transformée en une relation sainte, la relation ayant maintenant pour but le pardon et la paix au lieu du jugement et de l’attaque.

De la même manière s’explique l’utilisation du terme Fils de Dieu dans le Cours. Depuis deux mille ans il a été exclusivement utilisé dans la théologie chrétienne pour représenter seulement Jésus, l’unique Fils engendré par le Dieu de la Bible et la deuxième personne de la Trinité. En outre la particularité de Jésus a été accentuée par Saint-Paul qui a relégué le reste de l’humanité au statut de « fils adoptifs » de Dieu (Galates 4,4). Pour mettre l’accent sur le point qu’il est notre égal, Jésus, dans Un cours en miracles, utilise le même terme qui jusque-là avait exclu tout le monde sauf lui. Or maintenant, il désigne tout le monde : les enfants de Dieu qui croient encore qu’ils sont des corps et séparés de leur Source et donc différents de Lui. Et même, plus précisément, le terme Fils de Dieu désigne les étudiants qui lisent et étudient Un cours en miracles et est employé indépendamment de leur genre.

Ce terme est donc utilisé délibérément pour aider à corriger deux mille ans de ce qu’Un cours en miracles considère comme une distorsion par le christianisme du message fondamental de Jésus, et dans ce cas particulier, de l’égalité parfaite et l’unité de la Filialité de Dieu. Ainsi Jésus se présente dans le Cours comme n’étant pas différent de qui que ce soit dans la réalité (bien qu’il soit certainement différent de nous dans le temps).

Ainsi, pour l’affirmer à nouveau, le même terme – Fils de Dieu – qui était utilisé uniquement pour Jésus, est maintenant utilisé pour nous tous. En outre, le terme est également utilisé pour désigner le Christ, la création de Dieu d’avant la séparation, Son seul Fils. Pour le répéter : nous voyons l’utilisation de la même forme que dans le christianisme traditionnel, mais avec un contenu totalement différent. L’expression Fils de Dieu peut aussi être facilement comprise comme synonyme d’enfant, un terme qui est également souvent utilisé dans le Cours.

La réinterprétation de Fils de Dieu de l’exclusif à l’inclusif absolu est essentielle pour le système de pensée du Cours. À cause de la raison pour laquelle Jésus utilise ce terme les étudiants – hommes comme femmes – devraient être vigilants contre la tentation de changer le langage « offensant » du Cours. Tandis que cette pratique est compréhensible, elle sert à saper l’un des objectifs pédagogiques de Jésus. Il serait beaucoup plus conforme aux enseignements d’Un cours en miracles de laisser la forme telle qu’elle est et de changer d’esprit à la place. Dans ces circonstances on pourrait bien paraphraser la fameuse phrase du texte : « Par conséquent, ne cherche pas à changer le [cours], mais choisis de changer ton esprit au sujet du [cours] » (T-21.in.1:7). Par conséquent, puisque la forme du Cours n’est pas à modifier, il serait sage que les étudiants utilisent leurs réactions comme une leçon par laquelle ils peuvent apprendre à pardonner, non seulement à Jésus, à Helen ou à Un cours en miracles lui-même, mais aussi à tous ceux qui, dans le passé (ou le présent), ont été perçus comme les traitant, eux ou d’autres personnes, de façon injuste.

Une dernière remarque concernant la question du langage masculin dans le Cours : il y a depuis longtemps une convention grammaticale voulant que les pronoms renvoyant à un substantif neutre comme « quelqu’un » ou « personne » prennent la forme masculine « il ». Manifestement, puisqu’un enseignement central d’Un cours en miracles est que nous ne sommes pas des corps, la question, une fois de plus, est simplement une question de forme ou de style.



— Le caractère unique du Cours comme voie spirituelle

Q : Pourriez-vous expliquer en quoi le Cours est différent de toutes les autres voies spirituelles ? J’ai étudié d’autres enseignements non duels, mais semble toujours revenir au Cours.

R : Premièrement, par non-dualité nous voulons dire qu’Un cours en miracles ne reconnaît qu’une seule dimension de la réalité – l’esprit et l’état d’unité parfaite auquel le Cours se réfère comme étant le domaine de la connaissance. Toute autre chose – le monde duel de la séparation et de la perception, de la forme et de la matière, de la pensée et des concepts – est illusion, et donc n’existe pas vraiment.

Cette non-dualité est ce qu’on retrouve dans les grands enseignements de l’hindouisme et du bouddhisme, mais rarement en occident. Ce qui rend unique Un cours en miracles en tant que système spirituel – qu’il soit ancien ou contemporain – c’est l’incorporation dans cette métaphysique non duelle d’une psychologie sophistiquée, largement basée sur les idées de Freud et de ses disciples. Cela signifie essentiellement que lorsque Jésus nous enseigne dans le Cours que le monde est une illusion et rien de plus qu’un rêve qui se trouve endehors de l’Esprit de Dieu, il nous enjoint en même temps de pratiquer nos leçons journalières de pardon et de prêter soigneusement attention à nos expériences quotidiennes ici. La clé de cette intégration se trouve dans le fait que l’accent, dans le Cours, est mis sur le but. L’introduction de cette idée distingue Un cours en miracles des autres chemins spirituels. Le Cours enseigne non seulement que le monde est une illusion, mais qu’il est une illusion calculée, son but étant de faire un monde de corps totalement axé sur la résolution d’innombrables problèmes physiques et psychologiques qui nous assaillent quotidiennement et demandent notre attention et des solutions. De cette façon l’esprit, la véritable source de nos problèmes, reste caché et est soustrait à notre conscience.

En plus, Un cours en miracles est unique parmi les spiritualités en ce qu’il insiste sur le fait que l’examen de l’ego – le côté enténébré – est le moyen d’aller au-delà vers la lumière. Son accent ne porte donc pas sur la vérité, mais plutôt sur le fait d’écarter le système de pensée de l’ego, système de pensée de culpabilité, de peur et d’attaque, ce qui permettra à la lumière de la vérité de briller. Comme Jésus nous l’enseigne dans un passage clé : « Ta tâche n’est pas de chercher l’amour, mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux » (T-16.IV.6:1-2).



7 — Se pardonner à soi-même

Q : Comment est-ce qu’on se pardonne à soi-même ? J’ai un correspondant qui est en prison et qui a commencé l’étude du Cours il y a peu de temps. Il est en prison pour avoir agressé sa petite amie. Il dit qu’il apprend à pardonner aux autres, mais pas à lui-même. Il est en colère et plein de honte de l’avoir blessée. J’arrive à voir ses actions comme un « appel à l’amour », une erreur à corriger et non un péché qui exige une punition. Sans doute est-il une victime devenue agresseur, et maintenant il repasse cela en revue continuellement. Je lui dirais de lâcher prise : « Mon frère, choisis à nouveau ». Mais pourrais-je me le dire à moi-même ? J’ai souffert de dépression une grande partie de ma vie et la culpabilité est une compagne que je connais bien. Les accusations de mon ego semblent m’écraser lorsque je fais des fautes. Je le vois quand je projette ma culpabilité sur les autres et sais qu’il est inutile de me blâmer et de m’accuser lorsque je juge les autres. Mais qu’en serait-il si j’avais vraiment blessé quelqu’un d’une façon ou d’une autre ? Je pourrais essayer de réparer le tort et puis passer à autre chose, mais je ne crois pas que mon ego me laisserait me tirer d’affaire si facilement. Je semble pouvoir me délivrer de ma culpabilité uniquement si j’éprouve de la douleur pour la durée de temps que me dicte mon ego. Je sais qu’il doit y avoir « une autre voie ». Pourquoi puis-je faire preuve de bonté envers les autres, mais suis mesquin à mon égard ? Pour couronner le tout, je cherche une façon de soulager un peu la douleur de la culpabilité dans l’addiction, mais ensuite je me sens coupable de ma dépendance. J’ai besoin d’un moyen pour m’en sortir. Pouvons-nous projeter la culpabilité sur nous-mêmes autant que sur les autres ? Je sais que j’en viendrai à comprendre pourquoi je ne m’aime pas et même pourquoi je me hais parfois. J’ai encore à apprendre. Il est paradoxal que, tandis que mon ami en prison s’efforce de se pardonner à lui-même, je me trouve dans ma propre prison et essaye de faire la même chose.

R : Il semble en effet qu’à mesure que nous apprenons à délivrer les autres des projections de notre propre culpabilité nous nous retrouvions coincés avec la culpabilité en nous-mêmes. Jésus nous dit que « lorsque le blâme est retiré du dehors, il y a une forte tendance à le nourrir au-dedans » (T-11.IV.4:5). Mais il poursuit en disant : « Il est difficile au début de se rendre compte que c’est exactement la même chose, car il n’y a aucune distinction entre le dedans et le dehors » (T-11.IV.4:6) et puis, « le blâme doit être défait, et non vu ailleurs » (T-11.IV.5:3). Comment y arriver ?

La question que vous soulevez, « comment se pardonner à soi-même ? » est une bonne question, mais en fait ce n’est pas la bonne question. Nous sommes encore tellement identifiés à notre ego que nous ne pouvons pas nous pardonner, du moins pas par nous-mêmes (c’est-à-dire tout seuls, ce qui veut dire étant dans un état provenant de l’ego). C’est pourquoi nous avons besoin de Jésus ou du Saint-Esprit ou de n’importe quel autre symbole d’amour et d’acceptation avec lequel nous nous sentons à l’aise afin qu’ils regardent nos « péchés » avec nous. Nous avons besoin de quelqu’un à l’extérieur de notre système de pensée basé sur la culpabilité, quelqu’un qui connaît la vérité au sujet de qui nous sommes vraiment et à qui nous pouvons remettre notre culpabilité une fois que nous l’avons découverte et avons reconnu son but et son coût. Nous croyons être des corps qui peuvent blesser les uns les autres et être blessés. Jésus sait que nous sommes esprit, le Fils innocent de Dieu qui est incapable d’attaquer. Nous ne le croyons pas. En fait, nous ne voulons pas le croire parce que nous voulons encore que la séparation et notre propre individualité soient réelles. C’est pourquoi le processus de pardon implique nécessairement que nous nous joignions à quelque chose ou à quelqu’un à l’extérieur de nous tel que Jésus, qui sait que la séparation, l’attaque et la culpabilité ne sont pas réelles. Nous sommes incapables par définition de nous en rendre compte par nous-mêmes.

L’ego, comme nous en faisons l’expérience, nous dit que nous devons expier nos péchés par la souffrance et les sacrifices. Mais cela ne fait que renforcer notre croyance que notre culpabilité est réelle et que Dieu est un Dieu qui punit et cherche à se venger à cause de nos péchés très réels. Toutes nos tentatives de nous délivrer par l’expiation ne sont que des formes de magie qui ne s’occupent pas du vrai problème dans notre esprit. Il faut comprendre que le problème n’est pas la culpabilité dont nous croyons faire l’expérience à cause de nos transgressions dans le monde. Ces « péchés » ne sont en fait que des distractions intentionnelles qui servent le but de garder notre attention ici dans le monde, de chercher des solutions magiques pour nous délivrer de notre culpabilité (par exemple par réparation du tort) ou d’éviter de l’éprouver (par exemple par une addiction). Mais tout cela ne fait que nous empêcher de regarder plus profondément dans notre esprit, là où se trouve la source réelle de notre douleur et de notre culpabilité (et celle de tous les autres) – la croyance que non seulement nous nous sommes séparés de notre Source aimante, mais que nous étions prêts à Le tuer, à détruire l’Amour et à devenir autonome.

Toutefois, si nous pouvons nous joindre à un reflet de cet Amour tel que Jésus ou le Saint-Esprit, et regarder comme nous nous accusons nous-mêmes avec leur présence aimante à nos côtés, nous allons finir par nous rendre compte à un certain niveau que nous n’avons pas détruit l’Amour. En reconnaissant cela, le vrai pardon – de ce qui ne s’est jamais produit – est possible, dissipe toute culpabilité et nous délivre de la prison que nous nous sommes imposée à nous-mêmes. Ensuite, l’action ou le comportement qui aidera et guérira le plus s’ensuivra le cas échéant en réponse à nos soi-disant transgressions contre autrui dans le monde et coulera tout simplement de source.



8 — Regarder le monde sans jugement

 Q : Lorsque nous essayons de regarder notre ego, devrions-nous voir les problèmes du monde sans jugement, ou devrions-nous seulement nous rendre compte que nous avons choisi l’ego ? Ou est-ce la même chose ?

R : Votre question présuppose qu’on pourrait choisir l’ego et regarder sans jugement, ce qui n’est possible que si on dénie. L’ego ne connaît que le jugement, et le jugement est fondé sur l’erreur fondamentale de rendre l’erreur réelle. Ce que vous devriez faire, c’est vivre votre vie en étant attentif à ce que vous pensez et comment vous vous sentez. Si vous remarquez que vous vous fâchez, prenez peur ou jubilez, etc. à cause de problèmes dans le monde, qu’ils soient personnels ou généraux, reconnaissez que vous avez choisi l’ego. « Regarder » consiste à reconnaître cela. Vous regardez les choix de votre ego avec Jésus à côté de vous. Vous regardez sans jugement, comme cette citation l’illustre :

« Ne l’appelle pas péché mais folie, car ce l’était et ce l’est encore. Ne l’investis pas de culpabilité, car la culpabilité implique que cela fut accompli en réalité. Et par-dessus tout,n’en aie pas peur » (T-18.I.6:7-9).



9 — Attaquer les personnes qui étendent l’amour

Q : Si l’ego détruit l’amour, par exemple Jésus et son message, pourquoi Mère Teresa n’a-t-elle pas été attaquée alors qu’elle étendait l’amour ?

R : L’ego ne peut pas « détruire » l’amour, bien qu’il semble attaquer les symboles de l’amour dans le monde (Jésus et son message). En dépit des attaques contre le Jésus historique, ou, depuis lors, toute attaque contre son message, ni son amour ni son message n’ont été détruits. Les attaques de l’ego n’ont aucun effet sur le contenu. L’extension de l’amour de Mère Teresa (ou de n’importe qui d’autre) est invulnérable aux attaques, et qu’elle ait été attaquée sous quelque forme que ce soit ou non est sans importance. Il se peut en fait qu’elle ait été attaquée ou menacée au cours de sa vie. La forme particulière que son amour a prise pendant sa vie a en effet été critiquée. La théologie et le système de croyances qui l’ont inspirée représentent aussi une forme qui a été attaquée. Cependant, rien de tout cela n’a eu le moindre effet sur le contenu aimant de son travail et de son message. Ainsi nous lisons dans le Cours : « Comme la peur est faible ; comme elle est petite et in-signifiante. Comme elle est in-signifiante devant la force quiète de ceux que l’amour a joints ! Voilà ton “ennemi” : une souris effrayée qui voudrait attaquer l’univers. Quelles sont ses chances de succès ? Peut-il être difficile de faire fi de ses faibles couinements, qui disent son omnipotence et voudraient noyer l’hymne à la louange de son Créateur que tous les cœurs dans l’univers chantent à jamais d’une seule voix ? » (T-22.V.4:1-5).

En vous rappelant que l’ego est un choix, vous admettez simplement le choix que vous avez fait sans lui donner le pouvoir de vous enlever la paix.



10 — Quelques questions sur l’apparition de l’ego

Q : Nous avons reçu un certain nombre de questions, dont voici quelques exemples, sur le thème de l’origine de l’ego :

1°) Si le Ciel et l’Amour de Dieu étaient entièrement satisfaisants, pourquoi le Fils aurait-il choisi de rêver d’être parti ?

2°) Si Dieu est parfait et unifié et qu’il a un Fils parfait et unifié, comment était-il possible qu’une pensée imparfaite de séparation et de division surgisse dans un tel esprit ?

3°) Une fois l’Expiation acceptée, comment savoir si l’ego ne sera pas choisi à nouveau ?

4°) Comment peut-on parvenir à « une expérience » dont il est dit dans le Cours qu’elle résoudra le paradoxe de l’ego ?

R : Les points 1°) à 3°) ci-dessus, présentés sous forme de questions, sont en fait des énoncés prononcés par un esprit ego qui déclare ce qui suit : "Je sais que l’ego est réel, et maintenant je voudrais que vous m’expliquiez comment il s’est produit et pourquoi vous savez que cela ne se reproduira plus."

La question « Comment l’ego s’est-il produit ? » dans toutes ses variations est sans aucun doute la question posée le plus fréquemment par les étudiants d’Un cours en miracles. Cela est tout à fait naturel pour un ego qui veut savoir d’où il vient, tout comme un enfant poserait des questions à ses parents à propos de son origine. Le problème est que l’ego lui-même n’est pas naturel. Le Cours nous enseigne qu’en réalité l’ego ne s’est jamais produit. Par conséquent, comment pourrait-on jamais trouver une réponse intellectuellement satisfaisante quant à l’origine de l’ego dans les pages du Cours ? Ceux qui demandent comment l’impossible avait bien pu se produire doivent s’identifier à des êtres séparés et individuels, tandis que celui qui répondrait à cette question doit également accepter le fait que la séparation s’est en effet produite.

En outre, si cela s’est produit une fois, cela pourrait se reproduire indéfiniment, et à certains égards, c’est exactement ce qui se passe. Jour après jour nous est offert le choix de croire en la réalité que nous sommes un ego ou un Fils de Dieu. Par conséquent, se demander si la séparation pourrait se reproduire c’est faire la même erreur que de croire qu’elle s’est produite une première fois. Comme il est expliqué dans le Cours :

« Qui te demande de définir l’ego et d’expliquer comment il a surgi, ne peut être que celui qui le pense réel et cherche par sa définition à garantir que sa nature illusoire est dissimulée derrière les mots qui semblent le rendre tel.

Il n’y a pas de définition d’un mensonge qui serve à le rendre vrai » (C-2.2:5–3:1).

« L’ego exigera beaucoup de réponses que ce Cours ne donne pas. Il ne reconnaît pas comme question la simple forme d’une question à laquelle une réponse est impossible. L’ego peut bien demander : “Comment l’impossible s’est-il produit ?”, “À quoi l’impossible est-il arrivé ?” et le demander sous de nombreuses formes. Or il n’y a pas de réponse ; seulement une expérience. Ne cherche que cela et ne laisse pas la théologie te retarder » (C-in.4).

L’Amour de Dieu est l’expérience dont il est question dans la citation du Cours ci-dessus. Cette expérience est atteinte par le processus du pardon qui enlève les blocages qui empêchent de prendre conscience de la présence de l’Amour (T-in.1:7). En fait, le but d’Un cours en miracles est de nous aider à atteindre cette expérience.

11 — Comment entendre la Voix du Saint-Esprit ?

Q : À la recherche de la « Voix » du Saint-Esprit, y a-t-il une méthode ou une pratique particulière qui facilite l’écoute de cette Voix ? Un cours en miracles semble soutenir qu’il n’y a que très peu de gens qui l’entendent du tout, et cela semble empêcher la pratique du pardon.

R : Le plus grand obstacle qui empêche d’entendre la Voix du Saint-Esprit, ce sont les cris éraillés de l’ego. Dans le Cours nous lisons que le Saint-Esprit est un « doux et léger murmure » (T-21.V.1:6).

Plutôt que de chercher cette Voix (qui est toujours avec nous), nous pouvons pratiquer le pardon en prêtant attention aux pensées qui expriment ces cris dans nos esprits et qui noient la Voix du Saint-Esprit. Les pensées de séparation, de jugement et d’attaque peuvent être comprises pour ce qu’elles sont : des tentatives pour défendre notre identité d’ego, prouver que nous avons raison et que Dieu a tort, que la culpabilité est justifiée, pour n’en citer que quelques-unes. Reconnaître ces pensées et accepter la responsabilité de les avoir choisies, précisément pour ne pas entendre la Voix du Saint-Esprit, est le commencement de la pratique du pardon et de l’écoute de Sa Voix. Si nous le voulons, nous avons alors la possibilité de choisir d’écouter la Voix du Saint-Esprit qui peut ne pas être vraiment une voix, mais éventuellement le fait de reconnaître que j’ai tort quant à comment je vois une situation, une personne ou un événement, et avoir le désir de voir cela différemment. À ce moment-là, le fait de reconnaître, le désir et le fait de voir différemment sont la Voix du Saint-Esprit. Chacun est appelé à entendre le Saint-Esprit de cette façon. Il peut y avoir des gens qui en effet entendent la Voix du Saint-Esprit telle une voix, mais cela n’est pas nécessaire pour pratiquer le pardon.


12 — Comment former et animer un groupe

Q : J’étudie le Cours depuis quelques années. Étant psychologue, je souhaite lancer un atelier et/ou un groupe de soutien pour les personnes qui essayent de vivre conformément à ses principes. Mon idée est surtout d’aider les gens à voir leurs projections sur les autres, puis de faire un effort en groupe pour demander l’aide du Saint-Esprit. Ce type de travail serait-il conforme aux principes du Cours ? Auriez-vous d’autres suggestions ou idées ? Je sais que j’ai à enseigner ce que j’ai besoin d’apprendre.

R : La réponse à votre question est essentiellement qu’il n’existe aucune ligne directrice dans Un cours en miracles concernant le comportement, c’est-à-dire la question « Que devrais-je faire ? » Jésus nous rappelle que son cours est un cours sur la cause (l’esprit) et non sur l’effet (le corps ou le comportement). « Ce cours porte sur la cause et non sur l’effet » (T-21.VII.7:8).

Donc notre seule fonction consiste à demander de l’aide pour écarter nos ego du chemin de sorte que nous soyons libres d’être guidés dans chaque action (ou non-action) qui serait la plus utile et la plus aimante pour toutes les personnes impliquées dans une situation donnée. L’énoncé suivant représente bien l’enseignement très important du Cours : « Ta tâche n’est pas de chercher l’amour mais simplement de chercher et de trouver au-dedans de toi toutes les barrières que tu as bâties contre lui. Il n’est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher ce qui est faux » (T-16.IV.6:1-2).

Donc, avant de savoir comment vous devriez (ou non) procéder avec votre projet de démarrer un groupe, apportez au Saint-Esprit tout investissement provenant de l’ego que vous pourriez avoir à diriger un tel groupe. Lorsque vous êtes passablement certain que votre ego n’encombre plus votre chemin, vous vous laissez simplement guider par Lui.

Un autre point à souligner est la tentation dans n’importe quel groupe, en particulier le type de groupe que vous envisagez de lancer, de contourner le dur effort individuel que les étudiants sont appelés à faire pour apporter leurs ego au Saint-Esprit, en délayant le processus et en déplaçant le « travail » sur le groupe. Au mieux, les groupes facilitent ce travail individuel qu’il nous est demandé à tous de faire, au pire, ils déprécient le pouvoir de nos esprits de changer nos décisions et nos mal-perceptions, sans parler de renforcer la particularité de l’ego. Bonne chance !


13 – La signification de « purification »

Q : Que signifie, selon vous, l’expression : « une purification est d’abord nécessaire » ?

R : Puisque le septième principe des miracles « Chacun a droit aux miracles, mais une purification est d’abord nécessaire » (T-1.I.7:1) se trouve à la page 3 du texte, les étudiants d’Un cours en miracles pourraient croire que Jésus parle de la purification du corps. Leurs expériences précédentes leur rappelleront toutes leurs croyances sur le sens du mot « purification ». Pour certains, cela pourrait signifier la purification de l’« âme » par le baptême, ou l’expiation du péché par la pénitence et le sacrifice. Pour d’autres, la « purification » pourrait avoir la connotation de se débarrasser des désirs humains par la méditation et la pratique d’une discipline stricte. Peu importe ce qu’ils croient, leurs croyances constituent la base sur laquelle ils construiront leur compréhension du « processus de purification ».

Quelle surprise d’apprendre, à mesure que nous avançons dans le texte, que Jésus ne parle pas du tout de purifier le corps ! Il ne le pourrait pas, car il enseigne dans le Cours que le corps est une illusion. Et étant une illusion, il n’y a rien que nous devrions faire, ni au corps ni avec lui. Le corps n’a pas besoin d’être purifié parce qu’il n’est pas impur. « Il ne fait rien… il n’est ni corruptible ni incorruptible. Il n’est rien » (T-19.IV-C.5:3-5). Ce qui est impur ce sont nos pensées, ce qui veut dire que ce sont nos pensées qui doivent être purifiées et non le corps. Et la méthode de « purification » du Cours est le pardon, le pardon de la seule pensée de culpabilité qui nous maintient séparés de l’amour de Dieu. Le « processus de purification » du Cours est illustré dans cette citation :« Donne-Lui tes pensées et Il te les rendra en miracles qui proclament joyeusement l’entièreté et le bonheur que Dieu veut pour Son Fils, comme preuve de Son Amour éternel. Et comme chaque pensée est ainsi transformée, elle acquiert un pouvoir guérisseur de l’Esprit qui a vu la vérité en elle sans se laisser tromper par ce qui avait été faussement ajouté [la culpabilité]. Chaque bribe de fantasme a disparu. Et ce qui reste est unifié en une Pensée parfaite qui offre partout sa perfection » (L-I.151.14:1-4).



14 — La guérison du corps

Q : Pourriez-vous s’il vous plaît expliquer les nombreux passages sur la guérison qui semblent faire référence à la guérison du corps. Il me semble que même si c’est très clair dans le Cours qu’il s’agit du processus de guérison de la mal-perception de notre réalité dans nos esprits, il est également clair qu’un corps sain est l’effet d’un esprit guéri. Comment cela se traduit-il dans notre vie personnelle en tant qu’étudiants du Cours ? Je serais d’accord d’entièrement négliger mon corps et son état, si ce n’était de ces nombreux passages. Même si le but d’avoir un corps guéri n’est pas le but des enseignements, je me demande donc si cela semble être quelque chose à quoi nous pouvons nous attendre lorsque nous suivons la voix du Saint-Esprit ? Pourquoi Jésus se donnerait-il la peine d’en parler, si ce n’était pas quelque chose que nous devrions envisager ?

R : Vous avez raison de dire que la guérison du corps n’est pas le but des enseignements de Jésus ni ne devrait être le but de notre pratique du Cours. Si Jésus parle si souvent du corps, ce n’est pas parce qu’il pense qu’il est important ou réel, mais parce que nous pensons qu’il est important et n’avons pas reconnu le but qu’il a dans la stratégie de l’ego, à savoir de ne pas nous approcher de notre esprit. La stratégie de l’ego est en bonne partie de nous faire croire que notre corps est entièrement à la merci de forces extérieures – que la maladie tout comme la guérison viennent toutes deux de l’extérieur. Jésus corrige donc cela en nous enseignant la relation de cause à effet entre l’esprit et le corps. C’est de cela qu’il s’agit dans toutes ses références à un corps guéri. L’accent est en fait porté sur le pouvoir de nos esprits et non sur le fait d’avoir un corps guéri et entier : « Le miracle est inutile si tu apprends seulement que le corps peut être guéri, car ce n’est pas cette leçon qu’il est venu enseigner. La leçon, c’est que l’esprit était malade qui a pensé que le corps pouvait être malade ; de projeter sa culpabilité n’a rien causé et n’a pas eu d’effets » (T-28.II.11:6-7). C’est cela qu’il veut dire.

Mais il nous enseigne le système de pensée du Saint-Esprit dans le contexte de ce que nous connaissons le mieux et que nous pouvons comprendre le mieux : et pour à peu près tout le monde c’est le monde des corps. Il utilise donc nos corps pour nous enseigner en fin de compte que nous ne sommes pas nos corps.

Cette conscience, cependant, se fait jour à la fin d’un long processus, qui, pour la plupart d’entre nous, prend de très nombreuses années. Ne simplement pas tenir compte de notre corps serait donc une façon de nous refuser à nous-mêmes une multitude d’occasions d’apprendre et d’appliquer les principes du Cours. Nos besoins physiques et psychologiques et nos expériences constituent le curriculum que Jésus peut utiliser pour nous enseigner comment interpréter et percevoir nos expériences corporelles d’une manière qui nous aidera à défaire la séparation plutôt que de la renforcer.

Aussi longtemps que nous croyons encore que sans oxygène et sans nourriture nous allons mourir, c’est que nous croyons être des corps, et ce serait préjudiciable à notre progrès spirituel d’ignorer ou de négliger ce que nous pensons encore être réel. Jésus nous met en garde à cet égard : « Le corps fait simplement partie de ton expérience dans le monde physique. Ses aptitudes peuvent être et sont fréquemment surestimées. Toutefois, il est presque impossible de nier son existence en ce monde. Ceux qui le font se livrent à une forme de déni particulièrement indigne » (T-2.IV.3:8-11).

L’attention, pour le répéter, porte donc sur l’entraînement de nos esprits et sur la façon dont nous pensons, pour qu’à la fin nous ne fassions plus le choix d’être limités. Ceci est très différent du fait de simplement ne pas tenir compte du corps. Comme il le dit dans la section « Au-delà du corps » (T-18.VI) : « Ce qui se passe réellement, c’est que tu as abandonné l’illusion d’une conscience limitée tout en perdant ta peur de l’union » (T-18.VI.11:7). Il nous enseigne comment parvenir à ce stade.



15 — La mort et le chagrin

Q : Je voudrais changer d’esprit sur la mort. J’ai eu récemment plusieurs proches qui ont « doucement mis de côté leur corps ». Pourtant, c’est le chagrin qui m’attire. Le chagrin n’est pas l’amour, donc il n’existe pas, n’est-ce pas ? C’est donc moi qui ai dû le faire ? Pourriez-vous développer pour moi, en vous basant sur divers passages du Cours, une réponse générale qui inclurait les théories du Cours afin que je puisse les appliquer à cette expérience de chagrin dans le monde de l’illusion ? Qu’en est-il du refoulement et du déni de cette expérience ?

R : Le Cours ne nous demande jamais de refouler ou de nier ce que nous vivons, que ce soit le chagrin, la colère, la douleur, la peur ou toute autre réaction basée sur l’ego. Mais avant de pouvoir changer d’esprit en ce qui concerne nos émotions, nous devons d’abord comprendre quel est le but qu’elles servent et pourquoi nous avons choisi d’en faire l’expérience.

Le sentiment de chagrin renforce l’affirmation de l’ego voulant que la perte et la mort soient réelles et que nous puissions être, et en fait sommes, privés d’amour. Notre expérience hurle sans cesse que Jésus a tort, que nous avons été blessés, abandonnés et laissés tout seuls. Il ne nous demande pas de nier que c’est ce que nous éprouvons. Mais cela ne le rend pas vrai pour autant.

Dans une description très imagée du monde, Jésus dit : « Le monde que tu vois est le système délirant de ceux que la culpabilité a rendus fous… toutes les lois qui semblent le gouverner sont les lois de la mort. Les enfants y naissent avec douleur et dans la douleur. Ils grandissent en souffrant et ils apprennent ce que sont le chagrin, la séparation et la mort. Leur esprit semble être emprisonné dans leur cerveau, dont les pouvoirs semblent décliner quand le corps est blessé. Ils semblent aimer, or ils désertent et sont désertés. Ils paraissent perdre ce qu’ils aiment, ce qui est peut-être la plus insane de toutes les croyances. Et leurs corps se flétrissent, agonisent, sont mis en terre, et ne sont plus. Il n’en est pas un parmi eux qui n’ait pensé que Dieu était cruel » (T-13.in.2:2, 4-11). Et voilà ce que nous croyons tous. Ne vaudrait-il pas mieux avoir tort ?

Jésus nous rappelle que sa vie, se terminant par une mort apparente, avait comme but d’enseigner « que la communication reste ininterrompue même si le corps est détruit, pourvu que tu ne voies pas le corps comme le moyen nécessaire à la communication » (T-15.XI.7:2). Mais nous voyons encore le corps comme nécessaire à la communication et nous croyons que la vraie communication se termine par la mort du corps, parce que nous voulons toujours nous voir comme des corps. Le corps prouve notre existence indépendante et ses expériences apparentes de perte et de douleur ne semblent pas simplement refléter un choix dans notre esprit. L’ego ne veut pas que nous nous rappelions que la source de tous nos chagrins vient de la croyance que c’est nous qui avons quitté l’amour et que nous nous sommes nous-mêmes exilés du Ciel. Grâce à la défense de l’ego qu’est la projection, il croit plutôt qu’il s’agit de choses qui nous arrivent indépendamment de notre propre volonté et que nous ne sommes pas responsables de ce que nous éprouvons. Nous devons donc commencer par reconnaître que ce sont bien nos sentiments, mais nous devons aussi avoir le désir de nous demander si notre interprétation du monde et des événements dans notre vie est correcte.

Le changement qui nous éloigne de la douleur et du chagrin est un processus graduel parce que nous avons peur de l’amour illimité, dans lequel nos vies individuelles, nos soi personnels avec nos personnalités uniques, n’ont aucune signification. Ainsi Jésus nous rappelle doucement à la fois le résultat final et le processus : « Une perte n’est pas une perte, correctement perçue. La douleur est impossible. Il n’y a pas de chagrin qui ait la moindre cause. Et la souffrance de toute sorte n’est qu’un rêve. Voilà la vérité, d’abord seulement à dire puis à répéter maintes fois ; ensuite à accepter comme partiellement vraie, avec de grandes réserves. Puis à considérer de plus en plus sérieusement pour enfin l’accepter comme la vérité » (L-II.284.1:1-6, italiques ajoutés).

Ces mots ne sont pas simplement à utiliser comme un « mantra sacré », proclamant ce qui est vrai afin de noyer l’interprétation de notre ego et nos sentiments de perte et de chagrin qui l’accompagnent. La tâche nécessaire et implicite dans le processus de changer d’esprit, parfois très troublante, consiste à regarder ce que nous voulons encore croire, puis de reconnaître d’une part son but – garder la séparation et la culpabilité en vie – et d’autre part ce qu’elles nous coûtent – la souffrance et la douleur. C’est du fait de reconnaître de mieux en mieux ce que nous nous infligeons à nous-mêmes lorsque nous acceptons l’ego comme enseignant que se développe la motivation pour demander de l’aide à un Enseignant différent. Avec cette aide, nous pouvons petit à petit voir les pertes de nos vies sous un jour différent, prenant conscience que nous avons en effet un choix sur ce que éprouvons, et que nous ne sommes pas les victimes de circonstances indépendantes de notre volonté.



16 — La réalité du corps

Q : Lorsque je me dis en méditant que je ne suis pas un corps et que je suis libre, je ressens la paix d’esprit. Mais dès que j’ouvre les yeux, il – mon corps – est là. Ce n’est pas tant que cela me bouleverse, mais cela me rend perplexe. Quand je me regarde, je vois une belle personne, mais je m’inquiète, car il se pourrait que je ne fasse que nourrir encore l’ego plutôt que d’apprécier ce que j’ai. C’est un véritable casse-tête. Que penser de tout cela ?

R : Même si le Cours nous montre à de nombreux endroits que nous ne sommes pas un corps (par exemple dans la leçon 199 et les leçons de la révision suivante), il reconnaît également que nous avons beaucoup investi pour nous voir comme des corps. Jésus observe : « Regarde-toi et tu verras un corps… Et sans lumière, il semble qu’il ait disparu. Or tu es rassuré sur sa présence parce que tu peux encore le toucher avec tes mains et l’entendre bouger. Voici une image dont tu veux qu’elle soit toi. C’est le moyen pour réaliser ton souhait (T-24.VII.9:1,3-6, italiques ajoutés).

Il se peut que nous fassions de brèves expériences où nous semblons transcender notre identification corporelle comme vous le décrivez, mais il est peu probable que nous les maintenions pendant un certain temps parce que nous ne le voulons pas vraiment. Notre « souhait devenu réalité » est de nous voir comme un soi séparé, particulier, individuel, et notre corps soutient cette identité.

Nous apprenons dans le Cours que même si c’est nous qui avons choisi et fait de ce soi limité notre identité (dans le fantasme, mais pas dans la réalité), nous n’avons pas voulu accepter la responsabilité de cette décision. Et ceci parce que, enfouie profondément dans notre inconscient, il y a la croyance (inventée) que nous avons obtenu ce soi séparé en attaquant l’Unité de Dieu et notre véritable Identité en tant qu’esprit, ce qui est un horrible péché de destruction et de meurtre aux yeux de l’ego. Alors une fois que nous semblons être des corps, mis au monde par d’autres corps, notre existence séparée ne semble plus du tout être de notre propre fait. Ce sont nos parents qui nous ont faits. Et nous croyons peut-être même, au grand plaisir de notre ego, que d’une façon ou d’une autre Dieu était impliqué dans cette « création » particulière de notre soi individuel, comme l’enseignent de nombreuses religions.

Donc, le but du Cours, sachant à quel point nous sommes fortement identifiés à notre corps et à quel point nous avons peur de lâcher prise de la protection que nous croyons qu’il nous procure, n’est pas de nous faire renoncer à notre identification corporelle (cela ne se passe que tout à la fin). Le Cours nous enseigne comment donner à notre corps un but qui diffère du but originel de péché, de culpabilité et de peur de l’ego. Avec l’aide du Saint-Esprit, le corps devient un véhicule pour apprendre nos leçons de pardon dans le contexte de nos relations avec nos frères et sœurs, également perçus comme des corps. Et nous continuerons à nous voir nous-mêmes et tous les autres comme des corps, jusqu’à ce que le processus de pardon soit complété et que nous n’ayons plus aucune culpabilité dans notre esprit, de sorte que nous n’aurons plus besoin de notre corps comme défense contre elle.

Et quant à vous voir comme une belle personne, il n’y a rien de mal là-dedans, tant que vous vous rendez compte que lorsqu’il est question dans le Cours à quel point nous sommes beaux, par exemple : « Comme nous sommes beaux ! » (L-II.313.2:2,3) il n’y est pas question de notre corps physique ou de notre personnalité. Cela renvoie au reflet de la beauté du Christ en chacun de nous, une beauté que nous partageons tous en parts égales en tant qu’esprit.



17 — Défaire la séparation

Q : J’ai entendu dire que dans le « monde réel » on voit la séparation, mais pas les intérêts séparés. Est-ce vrai ? Qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Qu’est-ce qui a apparu en premier, la séparation ou la culpabilité ? (La séparation, j’imagine.) La culpabilité peut-elle être défaite sans défaire la séparation ou les deux sont-elles liées ? Vous voyez, je voudrais bien me débarrasser de la culpabilité… et voir les intérêts de mes frères comme miens m’a l’air bien puisque cela met un terme aux terribles sentiments de conflit et de compétition… Mais perdre mon individualité ne me semble pas être un prix que je suis disposé à payer. J’aimerais plutôt être un individu non coupable, sans conflit, sans esprit de compétition, sans peur, et heureux. Est-ce que c’est possible ?

R : Premièrement, vous avez raison de conclure que la séparation a précédé la culpabilitéla culpabilité est simplement l’expérience psychologique du péché – le sentiment qui résulte du fait d’être pécheur.

La plupart des étudiants atteignent la même impasse que celle que vous venez de décrire. Ce que vous ressentez est tout à fait normal et compréhensible, étant donné la force de notre identification à notre existence en tant qu’individus particuliers. Pour la plupart, nous ne connaissons aucune autre façon d’être et nous trouvons assez difficile – c’est le moins que l’on puisse dire – d’intégrer l’enseignement de Jésus voulant que cette identité se substitue à notre véritable Identité, tels que Dieu nous a créés. Ainsi Jésus souligne tout au long du Cours qu’il s’agit d’un processus graduel qui se fait en douceur, et que nous pouvons prendre tout le temps voulu pour le compléter avec lui. Il nous rassure en disant : « Ne crains pas d’être brusquement soulevé et précipité dans la réalité » (T-16.VI.8:1), parce qu’il sait bien que nous sommes terrifiés à l’idée de lâcher prise de cette identité.

À mesure que nous choisissons de pardonner – de lâcher prise de nos rancœurs de plus en plus – nous nous sentirons mieux dans notre peau et par conséquent nous voudrons le faire de plus en plus souvent. Et au fur et à mesure que le processus se développe, nous allons nous identifier de plus en plus à la façon de penser de Jésus et à sa façon d’aborder nos vies, ce qui signifie que notre point de référence pour nos vies se déplacera progressivement de simplement vouloir que nos besoins soient comblés vers la prise de conscience que nous partageons tous un intérêt commun, tant dans nos esprits faux que dans nos esprits justes. À mesure que nous nous préoccuperons de moins en moins d’utiliser le monde et les autres pour répondre à nos besoins – c’est-à-dire que nous verrons un autre but dans notre vie – notre concept de soi commencera à changer, sans même que nous ayons eu à nous concentrer directement là-dessus.

Lorsque nous serons totalement identifiés avec la façon de penser de Jésus, la seule chose pour laquelle nous éprouverons un attrait sera son amour. Et lorsque toutes nos pensées et nos perceptions découleront de cet amour, notre sentiment d’être un individu n’aura plus de signification sauf dans la mesure où il pourra être un moyen d’étendre l’amour guérisseur de Jésus à d’autres esprits qui font appel à lui. C’est l’état d’esprit connu sous le nom de « monde réel ». C’est le résultat naturel de la pratique du pardon. Ainsi, lorsque nous aurons atteint ce stade avancé, nous ne penserons plus que nous sommes des personnes avec des besoins à combler et des buts à atteindre. Nous percevrons, d’un point de vue d’« au-dessus du champ de bataille », uniquement des gens qui font appel à l’amour et ne savent pas qu’ils sont simplement des figures dans un rêve qu’eux-mêmes sont en train de rêver.



18 — Que signifie « volonté »

Q : Tout au long du Cours il est question de la volonté et du fait qu’elle n’est pas impliquée dans la perception : « La volonté n’intervient dans la perception à aucun niveau et n’a rien à voir avec le choix » (C-1.7:2) que j’ai emprisonné ma propre volonté : « Tu as emprisonné ta volonté au-delà de ta propre conscience, où elle demeure mais ne peut pas t’aider » (T-9.I.4:1). Si je n’avais pas un esprit fragmenté, je reconnaîtrais qu’exercer ma volonté est le salut : « Si tu n’avais pas un esprit divisé, tu reconnaîtrais que le salut est d’exercer ta volonté parce que c’est la communication » (T-9.I.5:4). Qu’est-ce que la volonté au juste, telle qu’elle est mentionnée dans le Cours, et le cas échéant, quel but sert-elle dans le rêve ?

R : Lorsqu’il est question de « volonté » dans le Cours, elle se réfère toujours à la Volonté de Dieu : « La Volonté de Dieu est tout ce qui est » (C-3.6:1). Jésus parle au niveau de l’Esprit, où notre volonté est une avec Dieu, là où la vérité est vraie et tout le reste est faux : « Est-ce si dur de voir que ce qui est faux ne peut être vrai, et que ce qui est vrai ne peut être faux ? » (T-31.I.1:7)

Il s’agit d’un exemple de non-dualité du Cours : il ne peut y avoir de volonté à part Celle de Dieu. Sa Volonté est notre salut, et notre véritable volonté est une avec la Sienne. Nous « sommes désireux » c’est-à-dire nous exerçons le pouvoir de notre volonté, seulement lorsque nous choisissons d’accepter la vérité à propos de nous-mêmes, et c’est cela notre salut.

Dans le Cours Jésus fait la distinction entre désirer et vouloir. Quand nous choisissons de rendre le péché réel, de croire le mensonge de l’ego quant à qui nous sommes dans le rêve, nous « voulons » faire une alternative illusoire à la Volonté de Dieu et défendre ce soi inventé. C’est l’emprisonnement de notre véritable volonté. C’est ainsi que nous la nions, et c’est cela l’origine de la perception – nous voyons ce que nous voulons voir.

Pour faciliter notre apprentissage, un terme connexe est utilisé dans le Cours : « le petit désir », en référence à notre expérience dans le rêve. En ce sens là, être désireux, c’est accepter de choisir de voir différemment, accepter une interprétation différente, remettre en question la signification et la valeur que nous avons donnée à toutes nos relations, à toute notre expérience dans ce rêve, voir les effets des choix égotiques que nous avons faits et prendre en considération leur coût. Cela suffit, selon le Cours, de nous faire changer le sens de notre voyage et de retourner en direction de notre demeure en Dieu et de la seule Volonté que nous partageons avec Lui. Il est notre Père, nous sommes son Fils innocent. De cette manière nous pouvons faire des choix dans le rêve, par la pratique et l’application du Cours, des choix qui nous mettent en harmonie avec la Volonté que nous partageons avec Dieu.



19 — La nature de la culpabilité

Q : Si je comprends bien, le Cours explique qu’à la base de toute notre souffrance il y a la culpabilité, et que cette culpabilité est refoulée. Le Cours semble aussi suggérer que cette culpabilité soit traitée par le pardon du monde extérieur (plutôt qu’au moyen d’un processus de dévoilement comme par la psychanalyse). Si c’est le cas, à quoi sert cette idée de culpabilité, si elle semble demeurer à un niveau purement théorique ?

: La culpabilité dont il est question dans le Cours est une culpabilité ontologique provenant de la croyance que nous pouvions nous séparer de Dieu, mais que, ce faisant, Il devait être détruit – l’existence individuelle séparée et l’Unité totale sont des états qui s’excluent mutuellement et qui ne peuvent coexister. Étant donné que la séparation d’avec Dieu n’est qu’une illusion et de plus une illusion précaire, une défense apparemment puissante était nécessaire pour maintenir son apparente réalité. Une culpabilité dévorante due à notre attaque létale du Tout a formé cette défense et a enfoui la question si nous avions attaqué en réalité ou pouvions l’avoir fait.

Selon le Cours, cette culpabilité n’est pas une simple construction théorique, mais le monde extérieur a littéralement été fait à partir de cette culpabilité ontologique comme projection apparente à l’extérieur de ce qui était trop horrible à maintenir dans notre esprit. Par conséquent, lorsque nous pratiquons le processus de pardon dans nos relations extérieures dans le monde, nous sommes en fait en train de traiter, quoique seulement petit à petit, des aspects de cette culpabilité ontologique originale. C’est une approche indirecte qui a un effet pratique et direct sur le problème sous-jacent.

En voyant ce que nous avons rendu réel dans le monde extérieur comme projection de ce qui est enfoui dans notre inconscient, en fait nous rendons consciente cette culpabilité enfouie avec le temps. Cela défait la stratégie de l’ego qui est de nous distraire de la culpabilité dans notre esprit par les problèmes du monde et la culpabilité qui leur est associée. Et cela nous permet de tout doucement reconnaître que la prémisse sous-jacente, à savoir que nous sommes séparés et que l’Amour a été détruit, qui a généré la culpabilité fondamentale, n’est tout simplement pas vraie.

Le processus consistant à dévoiler la culpabilité par la psychanalyse, comme elle est généralement pratiquée, contribue en fait au plan du jeu défensif de l’ego, bien qu’il pourrait être dirigé vers le même but que celui du Cours. La culpabilité qu’elle cherche à exposer fait toujours partie de l’écran de fumée extérieur du monde que l’esprit de l’ego a érigé pour nous empêcher de revenir au problème réel dans notre esprit. C’est une culpabilité qui est encore liée au corps et à ses relations avec d’autres corps, et cette culpabilité est encore un effet et non la cause ontologique sous-jacente visée par le Cours.



20 — Amitié et liaison amoureuse

Q : J’aimerais comprendre pourquoi bon nombre de mes relations avec les hommes commencent avec un élément romantique, mais ne peuvent pas continuer en tant que relations amicales. J’apprécie les gens que je rencontre et j’aimerais me développer et grandir jusqu’au point de pouvoir exprimer un amour fraternel tant pour les femmes que les hommes. Femme seule, je rencontre souvent des hommes qui semblent être attirés par moi, puis nous nous fréquentons, puis cela se termine. Je suis responsable de ce que je communique et de ma façon de le faire. Y a-t-il une façon de communiquer « soyons amis » lorsque quelque chose de plus avait été attendu ou désiré et que la déception s’est installée ?

R : Nos ego ne sont pas fiers et vont utiliser n’importe quelle forme de particularité qui fonctionne pour nous impliquer dans des relations qui, en fin de compte, ne répondent pas à nos besoins. Bien que nous n’en soyons généralement pas conscients, nous avons un but sous-jacent, celui de démontrer que l’amour ne peut que nous décevoir et que nous sommes la victime involontaire d’ouvertures trompeuses et déroutantes de la part des autres. Le Cours est unique parmi les chemins spirituels – et sans doute aussi pour cette raison pas très populaire : il décèle l’intention sous-jacente derrière toutes nos relations dans le monde, peu importe à quel point nous croyons que nos intentions sont bonnes au départ, jusqu’à ce qu’elles soient remises au Saint-Esprit pour être guéries.

Et souvent, à notre grand regret, le Saint-Esprit ne travaille qu’avec le contenu et non la forme, de sorte qu’il ne peut y avoir aucune garantie quant à ce qui va arriver dans nos relations, sauf qu’une autre occasion nous sera donnée d’entrer en contact avec notre propre culpabilité enfouie ainsi que nos sentiments d’indignité et de haine de soi, afin qu’elles puissent être guéries.

Mais si nous sommes capables de pratiquer les principes du Cours sur le pardon, nous allons trouver avec le temps que nous faisons l’expérience de sentiments de paix et de joie dans nos relations, indépendamment de quelque réciprocité que ce soit de la part de nos frères et sœurs au niveau de la forme. Et nous saurons que nous sommes véritablement des « amis » avec le but commun de guérir la souffrance enfouie dans nos esprits.

Mais il s’agit d’un processus qui peut prendre du temps pour être mené à terme. Alors, en attendant, il suffit de savoir que vous faites de votre mieux ; ne cessez pas d’essayer. Jésus a besoin de nos relations particulières pour nous enseigner l’autre voie. C’est seulement la peur qui nous empêche de nous permettre de faire l’expérience d’une plus grande intimité sous n’importe quelle forme...

( Sources :

https://questionsetreponsesucem.wordpress.com/

https://questionsetreponsesucem.wordpress.com/questions-1-10/

https://questionsetreponsesucem.wordpress.com/questions-11-20/ )

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COMMENT LES ENSEIGNANTS DE DIEU

TRAITENT-ILS LES PENSÉES MAGIQUES?

Ceci est une question cruciale à la fois pour l'enseignant et

pour l'élève. Si ce sujet est mal traité, l'enseignant de Dieu s'est

blessé lui-même et il a aussi attaqué son élève. Cela renforce la

peur et fait que la magie leur semble très réelle à tous les deux.

Comment traiter la magie devient ainsi une leçon majeure à maîtriser

pour l'enseignant de Dieu. Sa première responsabilité en

cela est de ne pas l'attaquer. Si une pensée magique soulève la

colère sous une forme quelconque, l'enseignant de Dieu peut être

sûr qu'il renforce sa propre croyance dans le péché et qu'il s'est

condamné lui-même. Il peut être sûr aussi qu'il a demandé que

la dépression, la douleur, la peur et le désastre lui viennent. Qu'il

se rappelle alors que ce n'est pas ce qu'il voudrait enseigner, parce

que ce n'est pas ce qu'il voudrait apprendre.

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