" Ne jouez pas dans le bac à sable" ... 

Une interview de Kenneth Wapnick Ph.D.

par Susan Dugan

Traduit de l’anglais par Laurence Bonnefous

Ken Wapnick a grandi à Brooklyn, NY, et bien que déçu par la religion officielle et la façon dont sa famille vivait la foi juive, il soupçonnait néanmoins qu’il y avait quelque chose au-delà d'un monde de corps.

- «  J' ai grandi dans une famille où la maladie était très présente et il m’est clairement apparu que la maladie n'avait rien à voir avec le corps, mais avec l'esprit. »

En tant qu’adolescent la révélation que la musique classique fût pour lui a confirmé ses soupçons.

- « C'était pour moi une première exposition, puis une vraie ouverture », dit-il. « Cela m'a permis de savoir qu'il y avait quelque chose au-delà de ce que l’on pouvait voir, étudier, et comprendre. C'était mon passeport pour la spiritualité. »

Sa curiosité éveillée, Ken étudia divers enseignements spirituels, tandis qu’il décrochait un doctorat en psychologie pour devenir psychologue clinicien en chef dans un hôpital psychiatrique, tout en étant de plus en plus attiré par une vie monastique. Après avoir décidé d'entrer dans un monastère et de se convertir au catholicisme, il rencontra le scribe du Cours Helen Schucman et son collaborateur Bill Thetford, qui lui firent connaître le livre d’Helen et changèrent la direction de sa vie.

- « Je me suis rendu compte qu’Helen et Bill étaient la famille dont je faisais partie et que le Cours allait devenir ma vie », dit-il. « Je savais que le monastère, bien que j’y aie été très heureux, n'allait pas devenir mon foyer. Quand j'ai commencé à lire le Cours, il était évident que c'était une intégration parfaite de la spiritualité et de la psychologie. Je pouvais me sentir aussi proche de Dieu que je l’avais été dans le monastère tout en continuant à travailler dans le domaine de la psychologie. Le Cours m'a donné une façon d'être dans le monde, mais cependant sans être du monde. »

Ken, Helen, et Bill se lièrent d’une solide amitié. Guidé par Jésus, Ken travailla en étroite collaboration avec Helen pour préparer le manuscrit final d'Un cours en miracles. Ken a beaucoup écrit sur le Cours et enseigné son message pendant 30 ans. Lui et sa femme Gloria ont fondé le Centre pour Un cours en miracles sur la côte Est des États-Unis et plus tard déménagé leur institut d'enseignement en plein essor à Temecula, en Californie.

- « Le centre a débuté en tant qu’association pour soutenir mon enseignement », dit Ken. « Je ne me suis jamais vu dans quelque chose de formel, à la tête d'une grande association, enseignant à de grands groupes, ou produisant tous les livres que j’ai écrits. Ça a évolué naturellement. Maintenant, j’aurais de la difficulté à dire ce qu’est un enseignant du Cours, puisque c’est très personnel et n’a pas de forme précise. Ça se passe entre la personne et le Saint-Esprit. Selon le Cours être enseignant, c'est ne pas voir les intérêts d’autrui comme étant distincts des siens. Cela n'a donc rien à voir avec quoi que ce soit dans la forme ou sur un plan formel. L'idée de donner des diplômes par exemple serait absurde. »

Le message de Kenneth ne s’est jamais écarté de l’objectif du Cours : guérir les esprits individuels.

- « C’est un chemin spirituel individuel » dit-il. « Les problèmes surgissent quand les étudiants tentent d’en faire quelque chose de plus plutôt que de s’en servir pour les aider à vivre pleinement leurs vies. C’est une façon de les aider à entrer en contact avec leur propre voix intérieure et à la suivre pour devenir aussi bienveillant, aimant que possible et apprendre à pardonner au mieux. S’ils faisaient cela et travaillaient sur eux-mêmes, le monde serait bien différent et le Cours aurait rempli son but. »

Ken pense que la difficulté d’accepter les principes de base du Cours sème la confusion chez les étudiants d’Un cours en miracles.

- « Quand nous lisons dans le Cours que le monde est une illusion, il faut le comprendre littéralement. Ils ne comprennent pas ce que cela implique simplement parce qu’ils ne reconnaissent pas combien nous sommes profondément identifiés au corps. Nous voyons le Cours à travers le prisme de notre corps et nous pensons que Jésus est un corps qui nous parle en tant que corps nous disant que nous devrions vous pardonner en tant que corps. Cela n’a rien à voir avec ça puisqu’il n’y a pas de corps ; tout se passe dans l’esprit. C’est la mécompréhension de l’esprit et du corps, qui est appelée confusion de niveaux au chapitre 2. Toutes les mécompréhensions – du rôle du Saint-Esprit, du but du Cours, d’être guidé, d’entendre une voix – découlent du fait de ne pas comprendre qu’il n’y a littéralement pas de corps, pas de monde. Quand vous avez compris cela, tout se met gentiment en place. »

Le Cours nous demande de remettre nos illusions au Saint-Esprit, autre petit conseil que les étudiants du Cours comprennent souvent mal.

- « Le but du Saint-Esprit est simplement d'être la correction de notre erreur. Et l'erreur n’a rien à voir avec le comportement. Utilisez cette présence aimante dans votre esprit pour regarder vos choix en faveur de l'ego et voyez où ces décisions vous mènent. Vous n’avez rien à voir avec mon problème ; c’est moi qui ai fait le mauvais choix. Il n’y a qu’une relation particulière : avec l'ego ; il n’y a qu’une relation sainte : avec Jésus ou le Saint-Esprit. Lorsque cette relation est guérie, toutes vos autres relations deviennent saintes. »

De même, regarder avec les yeux du Saint-Esprit signifie faire face directement à la culpabilité que notre système de pensée d’ego voudrait nier. Comment Ken appelle-t-il les étudiants qui refusent de reconnaître cette culpabilité ? « Ceux qui voient la vie en rose ».

- « Qui voit la vie en rose ne veut pas regarder la culpabilité ou ce qu’est vraiment le monde. Il dit peut-être : ‘Oh, le Cours est en train de changer ma vie et il changera le monde’ sans regarder vraiment la culpabilité que le Cours essaie de défaire. Qui voit la vie en rose ne comprend pas vraiment l’ego et ne reconnaît surtout pas combien il peut être laid et combien il nous attire. Si vous ne regardez pas la culpabilité, tout ce que vous faites avec ce Cours suivra cette décision et vous ne comprendrez absolument rien au Cours. »

Quant à savoir pourquoi l'ego point si souvent sa laide tête dans les cercles du Cours, Ken devient philosophe :

- « Vous auriez dû être là il y a trente ans. Personne ne veut regarder sa propre culpabilité ; c'est plus facile de la projeter. C'est comme les enfants dans un bac à sable. Ça fait 30 ans que ça dure avec le Cours, deux mille ans avec le Christianisme, on le trouve dans le Judaïsme, dans l’Islam et dans chaque religion officielle. Voilà pourquoi il est préférable de ne pas voir le Cours comme une religion, un mouvement, ou quelque chose de ce genre. Il n'est qu’un enseignement spirituel pour guérir votre esprit. Si tout le monde l’utilisait ainsi il n’y aurait pas des groupes se confrontant à d’autres, et si vous faisiez partie d’un groupe vous ne le prendriez pas au sérieux, vous ne seriez qu’un groupe de gens qui se retrouvent comme une famille ou entre amis. Il ne susciterait pas d’attente.

Lorsque vous commencez à formaliser quelque chose, vous glissez vers l’ecclésiastique, et nous savons tous ce que les églises font » conclut-il.

- « Ne jouez pas dans le bac à sable. Vous ne l'attaquez pas, vous ne le jugez pas, mais vous n’y jouez pas. Je pense que c’est ça la réponse. » * *

Kenneth Wapnick

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Cet article a été traduit de l’anglais par Laurence Bonnefous, qui tient particulièrement à remercier Franchita Cattani pour son aide. Kenneth Wapnick, qui détenait un doctorat en Psychologie clinique, s’est dévoué à Un cours en miracles depuis 1973 et a travaillé étroitement avec le scribe du Cours Helen Schucman pour préparer le manuscrit final. Il était président cofondateur de le la Fondation pour Un cours en miracles (Foundation for A Course in Miracles – FACIM) qui se trouve à Temecula en Californie. Pour plus d’information sur Kenneth Wapnick, visitez la page ‘Dr Wapnick’ sur le site uncoursenmiraclesenfrance.com. Susan Dugan est étudiante et enseignante d’Un cours en miracles aux Etats Unis. Son site www.foraysinforgiveness.com et ses livres Extraordinary Ordinary Forgiveness et Forgiveness Offers Everything I Want (en anglais) nous amènent à travers sa vie quotidienne, privée et professionnelle au cœur de la pratique du Pardon du Cours. Ses articles sont à la fois drôles et émouvants et permettent de mettre en évidence les similitudes qui nous unissent sur le chemin de l’étude d’Un cours en miracles et de son application au quotidien, aussi bien dans les difficultés que dans le réconfort que nous offre notre Enseignant intérieur du pardon. Vous trouverez la traduction d’un de ses articles, Le Bonheur coule dans un mouvement circulaire, ainsi que quelques informations sur elle sur la page ‘articles’ du site uncoursenmiraclesenfrance.com.

Source : https://cfucem.files.wordpress.com/2014/12/article-entretien-avec-k...

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