"Ce n'est pas le corps qui est malade, c'est la conscience qui fait défaut."

Quand nous sommes délivrés de la tension du mental pensant et de son bourdonnement, de la tyrannie du mental vital et de sa fébrilité, ses exigences insatiables, de l'épaisseur et des craintes du mental physique, nous commençons à comprendre ce qu'est le corps sans toutes ces surcharges épuisantes, et nous découvrons que c'est un merveilleux instrument - docile, endurant, plein d'une inépuisable bonne volonté. C'est l'instrument le plus méconnu qui soit et le plus mal traité. Dans cet éclaircissement général de notre être, nous observons d'abord que le corps n'est jamais malade, simplement il s'use, mais cette usure n'est peut-être pas irrémédiable comme nous le verrons avec le yoga supramental. Ce n'est pas le corps qui est malade, c'est la conscience qui fait défaut; à mesure que l'on avance dans le yoga, on voit, en effet, que chaque fois que l'on tombe malade, ou même chaque fois qu'il y a un "accident" extérieur, c'est toujours le résultat d'une inconscience ou d'une mauvaise attitude, d'un désordre psychologique. L’étude est d’autant plus intéressante que dès que nous avons mis le pied sur le chemin du yoga, il y a immédiatement quelque chose en nous qui est alerté et qui, à chaque instant, nous fait voir, toucher du doigt même, nos erreurs et la cause de tout ce qui nous arrive, comme si l’”on” prenait vraiment au sérieux notre recherche – rien n’est laissé dans l’ombre; et nous découvrons de plus en plus, parfois avec stupéfaction, une corrélation rigoureuse entre notre état intérieur et les circonstances extérieures (les maladies, par exemple, ou les “accidents”), comme si le sens de la vie ne se déroulait plus du dehors vers le dedans, mais du dedans vers le dehors, l’un façonnant l’autre, même les circonstances extérieures les plus banales – en fait, plus rien n’est banal et la vie journalière apparaît comme un réseau chargé de signes qui attendent notre reconnaissance. Tout se tient, le monde est un miracle. Nous commettons peut-être une erreur enfantine quand nous imaginons que la vie spirituelle consiste à avoir des visons, des apparitions et contempler des phénomènes “surnaturels” - le Divin est plus proche de nous que nous le pensons, le “miracle” moins tapageur et plus profond que toute cette imagerie d’Épinal. Quand nous avons déchiffré un seul de ces petits signes qui nous croisent, deviné une seule fois l’imperceptible lien qui tient les choses, nous sommes plus près du grand Miracle que si nous avions touché la manne du ciel. Parce que, le miracle, c’est peut-être que le Divin est naturel aussi. Mais nous ne sommes pas attentifs.
Le chercheur prendra donc conscience de ce renversement du courant de la vie, du dedans vers le dehors (et pour cause, le Maître psychique est sorti de son emprisonnement), il descellera ces signes quotidiens et verra que l’attitude intérieure a le pouvoir de modeler les circonstances extérieures dans les deux sens, bon et mauvais; quand nous sommes en état d’harmonie et que notre action correspond à la vérité profonde de notre être, il semble que rien ne puisse résister, même les “impossibilités” se dissolvent, comme si une autre loi se superposait à la loi “naturelle” (en réalité, c’est le vrai naturel qui émerge des complications mentales et vitales) et l’on commence à goûter une liberté royale; mais quand il y a un désordre intérieur, mental ou vital, on s’aperçoit que ce désordre appelle irrésistiblement des circonstances extérieures fâcheuses, intrusion de la maladie ou accident. La raison en est simple; quand nous sommes en mauvais état intérieur, nous émettons un certain type de vibration qui, automatiquement, appelle et contacte toutes les autres vibrations du même type, à tous les niveaux de notre être; c’est un brouillage général qui trouble les circonstances extérieures et fait tout marcher de travers. Et non seulement le mauvais état intérieur crée un brouillage, mais il affaiblit l’enveloppe protectrice, circumconsciente, dont nous avions parlé; c’est-à-dire qu’au lieu d’être gardés par une certaine intensité vibratoire, nous sommes ouverts, vulnérables – il n’y a rien de tel qu’une vibration de désordre pour faire des trous dans notre enveloppe protectrice ou plutôt, pour la décomposer – et n’importe quoi peut entrer. Et notons bien que le mauvais état intérieur est contagieux : il y a des compagnies qui attirent toujours les accidents ou les ennuis. Quand nous aurons fait dix fois, cent fois la même expérience, qui peut aller du simple rhume ou de la chute banale à l’accident sérieux, suivant l’état intérieur, nous saurons bien que ni notre corps ni le prétendu “hasard” ne sont pour rien dans tout cela, et que, de même, le remède n’est dans aucune drogue extérieure, mais dans le rétablissement de l’attitude vraie, dans l’ordre intérieur, en un mot dans la conscience. Si le chercheur est conscient, il peut passer au milieu de n’importe quelle épidémie, boire toutes les saletés du Gange s’il lui plaît, rien ne peut le toucher, car qui toucherait le Maître éveillé? Nous avons isolé des bactéries et des virus, mais nous n’avons pas vu qu’ils sont des agents seulement, et que la maladie n’est pas le virus, mais la force qui se sert du virus; et si nous sommes clairs, tous les virus du monde n’y peuvent rien, parce que notre force intérieure est plus grande que cette force-là, ou mieux, parce que notre être vibre d’une intensité trop haute pour cette basse intensité. Seul le semblable peut entrer dans le semblable. Et c’est pourquoi aussi on peut éliminer le cancer, par exemple, après avoir éliminé d’autres maladies moyenâgeuses, mais nous n’aurons pas éliminé les forces de maladie, qui se serviront d’autre chose, d’un autre agent, d’un autre virus, une fois que leur intermédiaire actuel aura été dépisté. Notre médecine ne touche qu’à la surface des choses, pas à la source. Il n’y a qu’une maladie, l’inconscience. À un stade plus avancé, lorsque nous aurons établi suffisamment le silence intérieur et que nous serons capables de percevoir les vibrations mentales et vitales à leur entrée dans notre circumconscient, nous pourrons, de même, percevoir les vibrations de maladie et les chasser avant qu’elles n’entrent : Si vous pouviez devenir conscient de votre moi circumconscient, écrivait Sri Aurobindo à un disciple, vous pourriez attraper les pensées, les passions, les suggestions de maladie ou les forces de maladie et les empêcher d’entrer en vous.
Il faut encore noter deux autres catégories de maladie, qui ne tiennent pas directement à nos erreurs : celles qui viennent d’une résistance subconsciente (nous en parlerons plus tard avec la purification du subconscient) et celles que nous pourrions appeler des “maladies yoguiques”, qui proviennent d’un décalage entre le développement des étages supérieurs de notre conscience et le développement de notre conscience physique. Il peut arriver que notre conscience mentale ou vitale, par exemple, s’élargisse considérablement et reçoive des intensités nouvelles, tandis que notre conscience physique s’attarde encore au vieux mouvement vibratoire et ne supporte pas cet accroissement d’intensité. Il en résulte une rupture d’équilibre qui peut amener des maladies, non par intrusion d’un agent extérieur, microbe ou virus, mais par rupture des relations normales entre les éléments internes : allergies, troubles colloïdaux du sang, etc., ou désordres nerveux et mentaux. Nous touchons ici au problème de la réceptivité de la matière aux forces supérieures de conscience, l’un des gros problèmes du yoga supramental. C’est l’une des raisons, en tout cas, pour lesquelles Sri Aurobindo et la Mère insistent tant sur le développement de notre base physique; sans elle, on peut s’extasier et filer tout droit dans l’Absolu, peut-être, mais non faire descendre les intensités et l’ampleur de l’Esprit dans notre royaume “inférieur”, mental, vital et matériel pour y créer une vie divine.

SRI AUROBINDO ou l’aventure de la conscience              Satprem     p. 127-131

Guérison Spirituelle

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Commentaire de Anne le 30 juin 2015 à 12:22

Merci pour vos témoignages, Pascal et Florence!

D'ailleurs qu'est-ce que l'attitude vraie?
Bonne question!

Et c’est le mental qui aurait tendance à nous dire que l'attitude vraie est comme ceci ou comme cela.
De façon globale, seul un être en état d’éveil permanent serait vrai. Il faut bien admettre que nous naviguons sur le chemin de la vie entre le vrai de notre être profond et le conditionné de notre subconscient.
Être de plus en plus vrai, c’est rendre de plus en plus conscient, notre inconscient. Et c’est seulement dans la présence, sans les injonctions des mots, que nous pouvons le faire.

La méditation est la porte d'accès à l'ouverture du cœur vers l'Inf...

http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/la-m-ditation-est-la-porte-d...

comment aller vers ce changement de conscience radical?

Ces mots me renvoient au titre de ce livre  Le papillon noir   invitation à un changement radical. C’est lors de séminaires avec son auteur, Richard Moss, que j’ai vraiment intégré cette façon de se relier à la Source du Soi profond.
Et tout en découle, à vrai dire. Être présent, c’est vraiment RESSENTIR EN CONSCIENCE, même quand c’est douloureux, même quand c’est très douloureux, car si on cherche bien, on a toujours une blessure profonde qui n’a pas encore été étreinte de tout notre cœur, et jusqu’au bout... avec patience et courage...

et depuis peu j'arrive à accueillir avec amour les douleurs pour écouter ce qu'elles ont à me dire.
Oui, c’est vraiment l’étape préalable à toute évolution de conscience.

C’est aussi ce qu’exprime Sri Aurobindo avec force, dans toute sa démarche. Et pour moi, son enseignement est très authentique, prenant autant en compte les énergies du Ciel que celles de la Terre, pour les réunifier dans notre incarnation.

C'est notre Lumière intérieure - L'Unité

http://l-unite.ning.com/group/l-amour-c-est-quoi/forum/topics/c-est...

Nous avons vraiment le pouvoir énergétique de conscience qui peut - et doit aujourd'hui - changer notre vie et la Vie... sur Terre...


Commentaire de Fauvine le 30 juin 2015 à 9:37

bonjour , 

merci Anne pour tes info , sachant cela , je vais mieux physiquement mais ce n'est pas vraiment le genou.

 c'est la douleur du talon qui irradie au niveau d'une auto greffe sur le tibia.En effet j'ais des soucis au travail je suis en vacances dans une semaine.

j'achète le livre dès que j'ais mon salaire qui est verse en retard depuis 3 mois.

Pour Pascal ,j'ai supprimer récemment le lait ,le blé et la viande depuis l’été dernier et oui je vais mieux.

Et plus de ballonnement ; cela faisait des années que je voulais le faire.

En effet la conscience m'aide dans mes problème de sante et depuis peu j'arrive à accueillir avec amour les douleurs pour écouter ce qu'elles ont à me dire.

Plus je solutionne des blessures qu'il y en a d'autres qui surgissent :) mais je sais au fond de moi que j'y arriverai 

Commentaire de Pascal Cadart le 29 juin 2015 à 17:56

Merci pour ce message et pour ton commentaire ci-dessous.

Le plus difficile pour moi est d'être dans l'attitude vraie. D'ailleurs qu'est-ce que l'attitude vraie? Plus de 40 ans de problèmes de ventre et de dos. Presqu'autant de pratique de la relaxation avec au moins une retraite par an. Retraites dans lesquelles j'ai vécu des expériences spirituelles fortes.

Je n'ai plus aucune blessure émotionnelle (même inconsciente). On est remonté jusque la conception. J'ai supprimé le lait presque totalement (depuis 5 ans) et je viens d'arrêter le produits à base de blé.

Le remède consisterait à être plus conscient, mais comment aller vers ce changement de conscience radical?

Commentaire de Anne le 21 juin 2015 à 16:47

Bonne guérison, Florence, tu avances!

Un problème de genou nous signale un manque de flexibilité dans notre état d'être, un malaise face à une autorité...

Une douleur au talon est liée à une angoisse - la faiblesse de ce point d'appui du corps se référant à un besoin de soutien, d'appui, pour se sentir en sécurité dans la vie. 

Traverser ces sensations en conscience - connectant le physique et l'émotionnel - permet la détente, dans la présence, l'abandon... qui conduit à la guérison... lâcher prise dans les cellules mêmes...

"Le mental des cellules", un sujet très inspirant! 

Bonne lecture, Présence! 

Et si tu nous faisais une petite synthèse!... :-)

Solange, je peux te dire que je ne me lasse pas de relire L'aventure de la conscience, cette démarche de Sri Aurobindo, si bien relatée par Satprem. Car il y a Tout, et c'est exprimé de façon claire et vivante, pour qu'on puisse lier l'intégration qu'on en fait, à notre propre expérience d'évolution.

Je constate toujours davantage que la conscience est La Clé de la Vie. Cette Conscience-Présence-Respiration-Amour... ... dont la Vibration nous permet d'agir dès que nous le décidons. Les Cellules adorent ça et nous le font vite savoir! Il suffit déjà de se concentrer, dans la sensation d'Amour, sur une petite douleur qui apparaît, pour qu'aussitôt elle disparaisse. Il me semble que cela empêche à la base, les grandes douleurs : pour tout dire, je ne suis jamais malade. J'ajoute qu'une Alimentation bien choisie est primordiale aussi - ce qui à mon avis, va de pair avec l'évolution de la Conscience.

Les maladies sont certainement toutes guérissables lorsque la Conscience con-naît sa Force et l'utilise.

Que ce Pouvoir de l'Énergie, de notre Nature, soit de plus en plus diffusé! Alors, finis les médicaments! avec leur toxicité - et leur poids financier.

Bonne Santé, dans la Lumière!  

Que la Lumière soit!  :-)

Commentaire de solange kühn le 20 juin 2015 à 11:01

j'ai le livre de SRI AUROBINDO, et pourtant je cumul les maladies, je dois peut-être relire l'aventure de la conscience?

comprend pas

merci de ce beau texte

solange

Commentaire de Présence le 20 juin 2015 à 10:18

Merci Anne pour ce partage, les écrits de Satprem ont toujours profondément raisonné en moi et la lecture de ce texte m'a poussée à me remettre à la lecture de l'un de ses magnifiques livres : "Le mental des cellules".

Je crois bien que mon WE va se passer en grande partie dans la lecture ...

Namasté

Commentaire de Fauvine le 20 juin 2015 à 6:25
Moi aussi comme Juliette, je sais que mes problèmes physiques viennent de l intérieur, j ais presque guéri mon dos que c est mon genou et talon qui me font très mal alors je cherche. ... J ais trouver un début de réponse mais c est pas évident. Namasté
Commentaire de Anne le 19 juin 2015 à 15:37

Merci Juliette, pour toi, pour nous, pour tous et toutes...

Notre Corps est un grand Ami, de l'Esprit aussi, et mérite toute notre Attention... dans l'Unité du Corps-Cœur-Esprit de l'Être Conscient.

Tout devient simple, oui!

Commentaire de Juliette le 19 juin 2015 à 13:49

J'ai écrit mon commentaire hier et comme par enchantement, aujourd'hui , plus aucun souci physique ! Je suis scotchée car je trainais des trucs les uns après les autres. Je suis ravie. Merci

Commentaire de Juliette le 18 juin 2015 à 17:58

Pas mal, cet ego qui peut être notre meilleur ami. Pas mal les maladies qui n'en sont qu'une. Mais comme il y a longtemps que j'ai admis ça,  et que j'ai tout de même des désordres physiques (pas graves), j'admets volontiers la cause des décalages de conscience. Je vais faire comme si c'était bien ça pour le moment.

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