«En marche! Annoncez l'Évangile du Royaume. »

«En marche! Annoncez l'Évangile du Royaume. »

L'homme est un pont, il est aussi un chemin. La santé, comme le bonheur, est sans doute dans la « marche ». La souffrance ou la maladie (mahala en hébreu), c'est être « arrêté » (mis en cercle, tourner en rond), enfermé dans ces prisons du corps, de la pensée et de l'âme que sont la douleur, l'ignorance, la folie. 
Aussi les grands mythes présentent-i


ls les voies de guérison comme des chemins où les symptômes douloureux sont à considérer comme des étapes, des haltes, où l'esprit, un moment, est cloué à la réflexion.
Mais là n'est pas l'auberge ni le port de l'âme vagabonde, de l'homme qui marche. La voie est une, les chemins sont multiples; il y a les chemins de terre, de terres promises, faites d'exils et de retours; il y a les chemins de ...mers, de tempêtes, de naufrages et d'îles aux trésors incertains; il y a les ascensions célestes, les envols et les chutes icariennes, mais aussi l'Assomption sans retour; il y a les chemins de feu, où le voyageur est consumé sur place ou renaît de ses cendres tel le Phénix, laissant à la nuit sa provision d'éclairs.

Autant de métaphores à penser et d'aventures à vivre, pour aller, au-delà de ce qui nous enferme, nous clôture, sans jamais pouvoir nous contenir, vers « l'Échappée belle » du psychisme ou de l'âme qui, dans l'adhésion à ses limites, s'est ouverte à ce que la mort ne saurait définir.
Pour Jésus, comme pour tout Hébreu (selon l'étymologie que propose Philon d'Alexandrie: le migrant, l'homme qui passe), le malheur, c'est de s'arrêter, de s'identifier à une situation donnée, de se prendre pour ses symptômes; le bonheur, la santé et le salut sont, pour lui, dans la marche.

C'est pour cela qu'il aura sans cesse à dire et redire à tous ceux qu'il rencontre en chemin:
« En marche! »

On sait mieux aujourd'hui que le texte des béatitudes dans l'Évangile de Matthieu, plutôt qu'un appel à la passivité devant les épreuves, serait davantage à considérer comme une invitation à se mettre debout, à se relever, à se mettre en marche, quelles que soient les pesanteurs et les douleurs qui entravent le chemin.
« Bienheureux » serait, si on se souvient de son substrat sémitique, à traduire par « en marche », ce qui redonne au texte son énergie et son dynamisme.

« En marche! Annoncez l'Évangile du Royaume. » Jean Yves Leloup

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