Du latin respectus : regarder en arrière. Attitude qui consiste à ne pas porter atteinte à une cause, à quelqu’un ou à quelque chose : le respect du bien d’autrui, de la liberté, de la vérité, des lois, de la morale, de la mémoire, des traditions, des convenances, du silence, de la vie, de la nature.

Sentiment altruiste qui porte à traiter quelqu’un avec déférence, pour des motifs divers : l’âge, le sexe, la fonction familiale ou sociale, le mérite, l’intérêt, ou encore expression délicate de l’amour envers les pauvres et les souffrants.

respect

Il faut dire que le monde moderne et la science ne cessent de le violer ce respect, par une curiosité indiscrète, parfois sacrilège et malsaine : presse à scandale, autopsies et interrogations à dessein de justice, psychanalyse. Le respect c’est d’abord celui de la part secrète de nous-mêmes qui doit rester privée, premier degré de la liberté.

Dans les rapports entre l’homme et la femme, le respect avait autrefois un rôle capital, qu’il a perdu aujourd’hui. On voudrait dédier aux jeunes ce passage significatif de V.Jankélévitch :

« Le respect impliquant la distance n’est pas tant amour qu’ébauche du geste amoureux, élan arrêté et à tout moment inhibé. Le respect voudrait aimer, mais il ne le peut, ou plutôt ne l’ose. Il voudrait coïncider avec l’objet et se perdre en lui, mais une invisible barrière les sépare, et la timidité« .

On a l’impression que les nouvelles générations considèrent le respect comme une entrave à la liberté et surtout comme une sorte d’échec masqué. Et pourtant, « il tend vers l’extrême conscience de l’amour ; le respect s’agenouille devant la chose respectée, non pour la contempler comme spectacle, amis pour l’adorer comme mystère ».

Ce mot « adorer » nous introduit dans le mystère de la dimension spirituelle. Même dans les lieux saints on a perdu le respect révérenciel que l’on témoignait jadis à tout ce qui nous parlait de la transcendance. Il faut y voir les conséquences de la désacralisation qui afflige notre civilisation adoratrice de l’objet et de l’argent, jugés seuls dignes de respect.

Heureusement, le respect ne se tarit pas, mais à l’infini il se spiritualise. De même que l’horizon de la liberté recule indéfiniment au-delà de toute servitude, ainsi le respect soustrait sans cesse le saint des saints de l’insaisissable aux progrès de la désacralisation disait encore V.Jankélévitch

Jadis, l’autorité du vieillard était naturelle. Elle allait de soi. Dans la famille, le patriarche avait raison du fait même de son âge, d e l’expérience acquise et de cette sagesse que donnent les épreuves surmontées. Le respect en découlait, cependant il semble entrevoir un retour des jeunes vers le grand âge, comme on le voit chez les petits frères des Pauvres et cela s’appelle m’amour…  c’est compréhensible vous me direz, car encore faut-il en être digne. Que le grand âge garde conscience de son rôle de sagesse et d’exemple ; de sa dignité devant la souffrance et devant la mort, ces mystères. En finalité, tout ce qui vit doit être respecté, sauf le mal.

La réaction négative des jeunes pourrait s’expliquer par la crainte de verrouiller l’avenir si l’on s’en tenait aux seules valeurs du passé. On le voit dans les milieux scientifiques, et notamment dans celui de la recherche biologique. Un problème nouveau se pose : où doit s’arrêter l’œil irrespectueux de la science au nom du progrès ? Que penser de la réaction de l’Unesco contre les manipulations génétiques, et de celle du président de la République à propos du clonage humain ? Doit-on respecter aveuglément les fondements de la vie. C’est un problème d’éthique, difficile.

C’est en nous, en chacun de nous que se situe la clé du respect. On ne peut jamais blâmer l’autre de son manque de respect. Le manque de respect de l’autre est toujours constitué du manque de respect envers nous-mêmes. C’est une forme d’amour de soi. Lorsque deux respects se côtoient, l’amour naît.

Les respects cheminent côte à côte, ne s’interpénètrent jamais. Ce qui ne veut pas dire que les corps ne peuvent pas se joindre, que les émotions ne peuvent pas se frôler, que les pensées ne peuvent pas chevaucher ensemble les grands espaces, mais que toujours, il y a de la place pour que chacun des êtres puisse se développer dans son essence, pour que chacun des êtres puisse continuer à se re-connaître.

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