Article de la revue "Soleil Levant" Alyna Rouelle

Ceci est un témoignage personnel. Il ne s’agit en rien d’une incitation au jeûne ni à un régime particulier et les informations ci-dessus ne sauraient se substituer à un diagnostic, traitement ou suivi médical.

Mon premier contact avec la notion de prana se situe à la fin de mon adolescence, lorsque sur un site internet le titre d’un livre a attiré mon attention : Se nourrir de lumière ; l’expérience d’un scientifique, de Michael Werner. Mon coeur est aussitôt emballé à cette idée et à ce moment là, je sais que je vais faire cette expérience et accéder à ce mode d’alimentation par la lumière. […]
Prana, se nourrir de lumière. Ce n’est que plusieurs années après cela que j’ai pris la décision de tenter moi même l’aventure.

J’ai d’abord voulu suivre le protocole conseillé dans l’ouvrage ainsi que dans d’autres textes sur le sujet, mais en raison d’une préparation insuffisante je n’ai pas passé l’épreuve de la première semaine, où il faut respecter un jeûne strict de sept jours sans manger ni boire. Cependant, ce que j’avais vécu durant ces quelques jours avait été très précieux. Bien au delà des symptômes physiques qui s’étaient déclarés du fait du nettoyage que le corps effectuait, j’avais senti la lumière me nourrir. Je pouvais percevoir comme des gouttes de lumière liquide gorgées de vie qui me rafraîchissaient. Ce fut ma première approche de la nourriture immatérielle.
Suite à cette tentative interrompue, j’ai donc repris une alimentation végétarienne […] Et j’ai donc continué à réduire et à ne plus consommer que des jus de fruits ou légumes que je préparais moi même.
Au jour de la Pâques 2014, j’ai su que je ne puisais plus ma force de vie dans les aliments que je consommais, mais dans ces particules de lumière que je distinguais dans l’air partout autour de moi. Malgré cette certitude intérieure, je ne parvenais toujours pas à cesser toute prise d’aliments solides. J’éprouvais encore parfois une grande tristesse à la pensée d’abandonner derrière moi « toutes ces bonne choses », et l’idée « de ne plus jamais rien manger », au delà de m’être pénible, me préoccupait et continuait de m’inquiéter. […]
A partir de cette période donc, je puis certifier qu’à chaque fois que j’ai mangé quelque chose, quoi que ce fut, je l’ai fait en ayant conscience que mon corps n’en avait pas le moindre besoin. Pour quelle raison l’ai-je fait tout de même? Voilà pourquoi : dans cette pratique très concrète d’habituation de l’être à un autre mode d’absorption d’énergie vitale à son bon fonctionnement, la foi et la confiance ont un rôle prédominant. Chaque jour nous renouvelons notre foi dans le fait que nous n’avons besoin de rien d’autre que de lumière non seulement pour survivre, mais pour être en parfaite santé ; chaque jour nous réitérons notre confiance dans le fait que nous nous suffisons à nous mêmes dans la mesure où nous sommes reliés à notre être divin et à la Source de Lumière.
Mais les problèmes ou obstacles que nous rencontrons au cours de cet exercice ne sont pas posés par notre corps mais par notre mental et nos émotions.
[…]
Un corps privé de nourriture meurt. Mais un corps privé de nourriture physique n’a aucune raison de mourir si on met à sa disposition un aliment d’un autre type.

[…] Je me suis moi-même un peu inquiétée des carences lorsque je n’ai plus mangé que des fruits et légumes crus, mais force m’a été de constater que non seulement je n’en développais aucune, mais me voyais délivrée de celles que j’avais auparavant. J’ai pu observer jour après jour que mon corps ne demandait qu’à m’aider dans ma démarche, et il s’est instaurée une relation active entre nous : j’ai du apprendre à lui parler, à lui demander son autorisation parfois, à beaucoup lui demander pardon aussi, à le prévenir et à le remercier et surtout à l’écouter. Il m’est souvent arrivé de lui demander son aide, sa compréhension et sa coopération. Il n’y a pas eu une seule fois où, lors d’un échange avec lui, je n’ai senti un élan d’énergie incroyable, que ce fut l’énergie du pardon ou celle de la gratitude, ou simplement celle dont j’avais besoin pour continuer à avancer. Je savais qu’il était mon meilleur allié dans cette aventure et que je devais le respecter et le tenir dans la plus haute estime qui soit. Quand on parle d’alimentation on parle de ce qui nous maintient en vie, il est donc primordial, et pour jouer sur les mots, vital, d’avoir une relation d’amour avec celui qui nous permet de tenir debout. Ce corps, il s’agit de le transformer, de le transmuter, non pas par la force, mais par l’amour qu’on lui porte et par notre conscience de lui et de son importance. Il ne s’agit pas, dès lors qu’on veut se nourrir de lumière, de considérer que le corps n’est qu’une machine, un morceau de matière duquel il faut se détacher un maximum. Bien au contraire il faut s’ancrer davantage dans son corps pour faire l’expérience à travers lui de cette nouvelle nutrition. N’oublions pas que toute matière est lumière, donc le corps est à considérer comme un don tout aussi précieux que le prana vers lequel on tend. Durant un an donc, j’ai analysé tout ce qui contrariait mon passage à l’alimentation pranique totale.
Le premier des obstacles est bien évidemment la faim. Nous sommes accoutumés à vivre le ventre plein et avoir toujours quelque chose en cours de digestion nous confère un sentiment de sécurité. Il est saisissant de réaliser à quel point on est habitué à avoir sans cesse quelque chose dans la bouche. Il faut donc se faire aux sensations nouvelles d’estomac vide, de corps léger.
A la suite de quoi on aborde la peur de manquer.

On ne peut vouloir parvenir à se nourrir de lumière sans se confronter à elle. Elle n’est pas des moindres si l’on considère l’extrême matérialisme de la société dans laquelle nous vivons qui nous invente chaque jour des besoins nouveaux. Des faims gigantesques et irrépressibles apparaissent, que même le fait de manger n’apaise pas, ou encore des envies d’aliments défendus (dans le cas par exemple de fortes allergies) ou que l’on n’aime pas, voire qu’on ne connaît pas ! J’ai eu des envies de mets dont je ne connaissais rien car je n’en avais jamais mangé, et cela durait plusieurs jours. L’une d’elle ma tourmentée plusieurs semaines. Ce sont bien sûr des désirs virtuels ; ils ne sont basés sur aucune réalité de besoin, mais le phénomène est néanmoins troublant d’intensité et de réalisme et il faut beaucoup de force et de « self-control » pour y résister. Il y a ensuite les émotions liées au manque : la colère, la peur panique, la tristesse, la mélancolie, l’ennui…etc. Le défi consiste à les laisser sortir de soi sans les retenir. Je ne parle pas de ne pas leur prêter attention car cela ne reviendrait évidemment qu’à les renforcer, mais de les reconnaître et les accepter pour ce qu’elles sont, sans plus, c’est à dire des émotions enfouies qu’il faut libérer pour accéder à un état d’être supérieur. Encore une fois il ne s’agit pas de mépriser ces émotions, mais d’acquérir sur elles une autorité totale. Et pour trouver cette autorité, il nous faut consentir à vivre ces états, à les embrasser pour les traverser. Non pas en s’enfermant dans une rectitude à toute épreuve car là encore on ne ferait que créer des ruptures en nous, mais en se reliant à notre Conscience. Il s’agit de trouver un juste équilibre entre souplesse et fermeté. Souplesse qui nous permet de ne pas entrer en conflit avec nous mêmes et de conserver la sérénité nécessaire pour vivre les choses de manière agréable ; Fermeté qui nous replace sans cesse dans notre devoir d’autorité et nous donne la force de demeurer concentré et relié à notre but.
Je me souviens de matins où je me réveillais en colère contre tout et tout le monde. Si j’avais la patience et la sagesse de ne pas me rebeller contre cet état de fait : « je suis en colère », il arrivait toujours ce moment magique où elle se dissipait et disparaissait d’un coup, comme si on avait appuyé sur un interrupteur. Si au contraire je cédais à l’émotion et mangeais quelque chose sans attendre, j’étais calmée sur le moment mais non seulement la colère finissait par revenir, mais la lourdeur de mon corps et la déception d’avoir craqué achevaient de m’accabler. D’autres fois encore, après avoir attendu plusieurs heures afin de discerner le caprice de la (relative) nécessité, je mangeais dans le calme et la totale conscience de mon acte, et dans ce cas tout se passait pour le mieux.
[…]
Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que c’est notre Conscience qui fournit le plus gros du travail ; c’est notre aspiration à vivre dans la Conscience de notre état d’être de lumière qui nous permet d’accéder à ce dernier ; c’est notre Conscience qui transforme notre corps au point qu’un beau matin on se réveille sans le moindre besoin, en ayant presque oublié ce qu’est la faim, et que la notion de manger nous est devenue quasi-abstraite ; c’est elle enfin qui, par tous ces efforts produits pour placer sous notre juste autorité tout ce qui n’est pas elle, tout ce qui n’est pas Dieu (ou Conscience supérieure) en nous, devient libre.

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Commentaire de Juliette le 22 janvier 2017 à 15:37

apprendre à vivre sans exploiter l'énergie d'autres vies, me parait "la " formule magique,c'est ça , merci Lila

Commentaire de Lila Luz le 22 janvier 2017 à 13:12

Je suis d'accord avec toi. Le plus difficile n'est pas de faire confiance à la Lumière en Soi, mais de créer un bouclier psychique suffisamment fort pour ne pas permettre aux énergies extérieures de venir bousculer l'expérience personnelle. Notre verticalité, la colonne vertébrale physique et énergétique se fortifient l'une l'autre, produisant ensemble une merveilleuse symbiose qui nourrit tout l'être. Mais vivre avec le monde exige d'entrer en contact psychique et physique avec une énergie collective colossale qui "pousse" et affronte nos convictions lumineuses et psychiques, déstabilisant le frêle équilibre interne. La difficulté est de resté ancré à Soi-même alors que l'ensemble du monde refuse d'accepter la possibilité de vivre sans exploiter l'énergie d'autres vies.

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