La Sagesse de l’Égypte ancienne

"C'est du pays d'Égypte que vient la sagesse"

Les sagesses forment le début de la production littéraire en Égypte. Il s'agit d'instructions d'un maître à son élève, ou d'un père à son fils, lesquels, depuis l'ancien empire jusqu'à la basse époque, ont constamment été gratifiés de noms de rois ou de hauts fonctionnaires. Ces sagesses, ces doctrines servent de formation dans les écoles et, pour cette raison, sont souvent transmises en plusieurs exemplaires. Le but principal est de fournir, pour chaque situation de la vie, la possibilité de se conformer aux coutumes et aux bons usages établis.

Dans la philosophie égyptienne de la vie, cela correspond à la connaissance de Maat, c'est-à-dire l'Ordre pérenne régissant la nature et la société. Par des conseils appropriés, les sagesses tentent de résoudre dans le respect de Maat les conflits qui perturbent les relations sociales.

Dans l'Ancien Empire, marqué par la volonté divine, d’un monde stable et encore intact, les instructions se limitent à des règles de courtoisie et de bienséance. Après les bouleversements politiques et sociaux qui accompagnèrent l'effondrement de l'ancien empire, elles glorifient le fonctionnaire dans son rôle de soutien de l'état et propagent l'idéal de fidélité au roi, cependant que deux enseignements rédigés par des souverains, l'enseignement pour Merikaré, un roi de la 10ème  dynastie 2090 ? à 2022, et l'enseignement d'Amenemhat Ier (règne de -1991 à -1962 av-J.C) mettent aussi en évidence l'aspect humain des gouvernants.

 

Les instructions du nouvel empire et de la basse époque sont tournés sur les relations de l'homme à Dieu ; ils mettent en garde contre la transgression des prescriptions cultuelles et insistent sur la valeur de la piété personnelle ainsi que sur le fait que la destinée individuelle dépend de la volonté divine. Les sagesses respectent des règles formelles et rigoureuses. L'introduction donne le nom de l'auteur, parfois aussi le motif de son instruction.

Dans les textes tardifs, les maximes sont séparées les unes des autres par des titres. « Perfectionne-toi à tes yeux ! Prends garde qu'un autre ne doive te perfectionner! »

Enseignement de Djedefhor (4e dynastie 2575 à 2465 av-J.C) Imhotep et Djedefhor passent dans la tradition égyptienne pour être les auteurs des plus anciennes sagesses. Alors que les instructions d'Imhotep sont perdues, des fragments de celles du prince Djedefhor ont été conservés dans un manuscrit scolaire plus récent. Elles insistent sur la nécessité d'un équipement funéraire et sur l'obligation qu'a le fils d'assurer le service des défunts.

«Éduquer l'ignorant au savoir et aux règles d'un discours parfait »

Enseignement de Ptahhotep (5e dynastie (environ -2400 av-J.C)) 

Cet enseignement est connu par quatre papyri, deux du moyen empire et deux du nouvel empire, par une tablette datée du règne des rois Hyksôs et par trois ostraca de l'époque ramesside. La version la plus complète figure sur le « papyrus Prisse » daté de la fin de la XIIe dynastie et conservé à la bibliothèque nationale de France.

Ce recueil de maximes et de préceptes éthiques est destiné en premier lieu à la caste des scribes, des fonctionnaires et des juges. Cet écrit appartient au genre littéraire des sagesses. Ce genre très prisé au Proche-Orient apparait aussi dans la Bible à travers le livre des Proverbes ou le livre de la Sagesse.

Ptahhotep, devenu vieux et impotent, il aurait alors 110 ans dans la grâce du roi, un âge qui n'est octroyé par les dieux, selon une sagesse postérieure, qu'à un seul sur des millions.

Était  maire et vizir sous le roi Djedkarê Isési de la Ve dynastie, il se plaint au début de son enseignement des incommodités de son âge et réclame du roi la permission de pouvoir éduquer un élève (son fils) à son métier comme « bâton » de ses vieux jours. Pour ce faire il lui prodigue bon nombre de conseils pratiques. Pendant trente-sept chapitres, dont la première ligne est chaque fois en rouge, il prodigue alors à son élève ses instructions à propos de la bonne tenue à table, des avantages d'une bonne conversation et des différences de comportement qu'il sied d'adopter envers un supérieur, un pair ou un subordonné.

L'enseignement se termine par une méditation sur l'utilité d'une telle éducation. La meilleure preuve en serait la propre vie de Ptahhotep, qui dura 110 ans. On ne peut éloigner les sagesses de la connaissance, du respect et de l'application des 42 confessions négatives, qui obligent d'elles-mêmes à rester dans la sagesse, pour rester en totale cohérence avec ce qui est plus en avant, à savoir : mettre en garde contre la transgression des prescriptions cultuelles et insister sur la valeur de la piété personnelle ainsi que sur le fait que la destinée individuelle qui dépendait de la volonté divine.

 

Les sagesses de  l'Égypte ancienne, nous poussent au respect de l'autre et au respect de nous-même par la réflexion, le choix des mots et de nombreux interdits tels que peser nos mots, peser le verbe, peser le ton, peser le regard posé sur l'autre, ne pas provoquer l'autre et en cas de provocation, trouver assez de force, pour rester inébranlable et mettre des mots qui adoucissent. Tout ceci, prouve que nous avons la même raison d'être, les mêmes envies et les mêmes motivations.

Avons-nous seulement les mêmes compréhensions de ce qui conduit à la sagesse ?

Avons-nous les mêmes besoins et les mêmes envies de sagesse ?

Donnons-nous le même sens à la Sagesse qui a besoin de la force de notre âme pour atteindre la beauté ?

 

Pratiquer les sagesses pour mieux orienter notre destinée, qui elle-même dépend de la volonté divine, nécessite un travail important sur soi, une prise de conscience de la valeur de l'autre dans notre relation à lui, la dose de fraternité et de tolérance nécessaire pour bien le connaître et lui tendre la main. Nous sommes tous et toutes des apprentis.

 

Il est important pour nous ouvrir les yeux pour voir, d’ouvrir bien grandes nos oreilles pour entendre, et d’affuter notre cerveau pour emmagasiner les sagesses nécessaires à notre croissance.

Pour atteindre la sagesse, nous avons le devoir de ne pas faillir, pour rester inexorablement dans la voie, c'est en notre âme et en l'âme de nos semblables que nous devons semer le verbe, afin qu'il produise des fruits de tous genres et de toutes espèces. L'âme de l'homme est la terre naturelle du verbe. Comme les eaux du Nil qui fécondent la terre, les eaux d'en haut fécondent en bas le temple intérieur de l'homme. Et comme le dit Mérikaré, c'est à partir de l'apprenti que se forment les Maîtres et l'expert.

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