(18) Le Secret La moitié obscure de la Vérité.

 Maintenant, nous approchons. C'est par une expérience positive que le chercheur a commencé. Il s'est mis en route parce qu'il avait besoin d'autre chose. Il a fait des essais de silence mental et il s'est aperçu que le seul fait de son effort provoquait une Réponse, il a senti une Force qui descendait, une vibration nouvelle en lui, qui faisait la vie plus claire, plus vivante, peut-être même a-t-il eu l'expérience d'une déchirure soudaine des limites et d'émerger à une autre altitude. De mille façons, le signe peut venir, indiquant qu'un nouveau rythme s'installe. Puis soudain, après ce départ en flèche, tout s'est voilé, comme s'il avait rêvé ou qu'il s'était laissé entraîner par un enthousiasme assez puéril après tout - quelque chose est en train de se venger en lui par une levée de scepticisme, de dégoût, de révolte. Et ce sera le deuxième signe, peut-être le vrai signe qu'il est en train de progresser et qu'il s'empoigne avec les réalités de sa nature, ou, plutôt, que la Force descendante a commencé son travail de barattage. Le progrès, en définitive, ne consiste pas tant à s'élever qu'à décanter tout ce qui encombre - quand on est clair, tout est . Et le chercheur découvre ses multiples encombrements. On a souvent l'impression, sur la voie du yoga intégral, de s'être mis en route pour le meilleur et de découvrir le pire, d'avoir cherché la paix et la lumière, et de découvrir la guerre. En fait, c'est une bataille, il ne faut pas se le cacher. Tant que l'on nage avec le courant, on peut se croire bien gentil, bien propre, bien intentionné; dès que l'on renverse l'allure, tout résiste. On comprend alors tangiblement les énormes forces d'abrutissement qui pèsent sur les hommes - il faut avoir essayé d'en sortir pour voir. Et quand le chercheur aura eu une première ouverture décisive sur le haut, qu'il aura vu la lumière, il sentira presque simultanément un coup de boutoir en bas, comme si quelqu'un en lui avait mal; il saura alors ce que Sri Aurobindo entendait par cette obscurité blessée qui proteste contre la lumière. Et il aura appris sa première leçon : on ne peut pas faire un pas en haut sans faire un pas en bas.

Au lieu de prendre ces incurvations brutales comme une sorte de fatalité, le chercheur en fera la base de son travail. Ce double mouvement d'ascension et de descente constitue le processus fondamental du yoga intégral : "À chaque hauteur conquise, nous devons revenir sur nos pas pour faire descendre l'illumination et le pouvoir nouveaux dans le mouvement mortel d'en bas", c'est à ce prix seulement que la vie se transforme, sinon nous restons à poétiser et à spiritualiser sur les sommets, tandis qu'en dessous, la vieille vie cahote. Pratiquement, le mouvement de descente ne s'accomplit pas par une décision arbitraire du mental - moins il s'en mêle, mieux cela vaut et, d'ailleurs, on se demande bien comment le Mental pourrait "descendre", assis là derrière son petit bureau?... C'est la conscience-force, éveillée et individualisée en nous, qui fait tout le travail, spontanément. Dès que nous avons touché une intensité de conscience ou de lumière, automatiquement elle exerce une pression sur le reste de la nature et fait jaillir les obscurités ou résistances correspondantes. Tout se passe comme si l'on introduisait brutalement un excès d'oxygène dans les bas-fonds : quelques murènes et barbillons divers se débattent anxieusement, ou même éclatent. C'est un étrange renversement de conscience, comme si l'on passait d'une chambre illuminée à la même chambre obscure, d'une chambre joyeuse à la même chambre douloureuse - tout est semblable et tout est changé. Comme si c'était la même force, la même intensité vibratoire - peut-être même une vibration identique - mais affectée soudain d'un coefficient négatif. On perçoit alors, presque à la trace, comment l'amour par exemple, se change en haine et le pur en l'impur - tout est le même mais à l'envers. Et tant que nos états psychologiques seront simplement l'envers d'un autre, et notre bien l'envers du mal (peut-être faudrait-il dire l'endroit du mal?) il n'y a pas d'espoir que la vie se transforme. Il faut radicalement autre chose - une autre conscience. Tous nos poètes et nos esprits créateurs ont particulièrement connu ces écarts de conscience; en même temps que ses Illuminations, Rimbaud avait accès à d'étranges domaines qui lui faisaient "dresser des épouvantes"; lui aussi obéissait à la loi du renversement obscur. Mais le chercheur intégral, au lieu d'être ballotté d'un bout à l'autre inconsciemment, et de monter sans savoir comment ou de descendre sans le vouloir, opérera méthodiquement, consciemment, sans perdre son équilibre, et surtout, en s'abandonnant avec une confiance croissante en cette Conscience-Force qui ne suscite jamais plus de résistances qu'il ne peut en supporter et ne dévoile jamais plus de lumière qu'il n'en peut contenir. Après avoir vécu assez longtemps entre deux crises, nous finirons par nous apercevoir d'une méthode dans l'action de la Force, et que chaque fois que nous semblons quitter la courbe ascendante, ou même perdre une réalisation acquise, c'est pour retrouver au bout la même réalisation, mais à un degré immédiatement au-dessus, élargie, enrichie de tout le reste de notre domaine qui, par notre "chute" précisément, est venu s'intégrer dans la lumière nouvelle - si nous n'étions pas "tombés", ce bas ne serait jamais venu s'adjoindre à notre haut (...) La progression du yoga intégral ne décrit pas une ligne droite qui va se perdre de plus en plus haut, sur une pointe de plus en plus tenue, mais une spirale, dit Sri Aurobindo, qui lentement, méthodiquement, annexe tous les niveaux de notre être dans une ouverture de plus en plus vaste et sur une base de plus en plus profonde. Et non seulement nous distinguerons une méthode derrière cette Force, ou cette Conscience-Force plutôt, mais des cycles réguliers et un rythme aussi certain que celui des marées et des lunes; plus on progresse, plus les cycles deviennent vastes, plus ils se relient à un mouvement cosmique, jusqu'au jour où nous pouvons percevoir dans nos propres descentes, les descentes périodiques de la conscience terrestre, et dans nos propres difficultés, tous les remous de la terre qui résiste et se révolte. Tout sera si intimement lié, finalement, que l'on pourra lire dans les plus petites choses, dans les plus infimes accidents de la vie quotidienne et des objets que l'on touche, le signe des dépressions plus vastes qui vont passer sur les hommes et les faire descendre, et monter, eux aussi, sur la même crête évolutive. Alors nous verrons que nous sommes infailliblement conduit vers un But, que tout a un sens, même les choses les plus minuscules - pas un détail ne bouge sans que tout bouge - et que nous sommes en route pour une aventure plus grande que nous ne l'avions pensé.

(...)

Si nous voulons atteindre le But, il faut donc en finir avec notre manichéisme et arriver à une compréhension réaliste de ce que Sri Aurobindo appelait "la moitié obscure de la Vérité". "La connaissance humaine, dit Sri Aurobindo, jette une ombre qui cache la moitié du globe de la Vérité de son propre soleil... Sous prétexte de vérité absolue, le mental rejette la fausseté, mais c'est l'une des raisons principales de son incapacité à atteindre la Vérité ronde et parfaite." Si  nous éliminons tout ce qui va de travers - et dieu sait que ce monde est plein d'erreurs et d'impuretés - nous arriverons à une vérité, peut-être, mais ce sera une vérité vide. Le commencement pratique du Secret est de s'apercevoir, d'abord, puis de voir que chaque chose en ce monde, même l'erreur la plus grotesque et la plus égarée, contient une étincelle de vérité sous le voile, parce que tout est Dieu ici-bas qui s'avance à Sa propre rencontre; il n'y a rien en dehors de Lui. "En fait, l'erreur est une demi-vérité qui trébuche à cause de ses limitations; souvent c'est la Vérité qui porte un masque pour s'approcher de son but sans qu'on la voie." 

(...)

Il y a une vérité d'Amour derrière le mal. Plus on descend vers les cercles infernaux, plus on découvre l'immense besoin au fond du Mal, et que l'on ne peut rien guérir sans une intensité semblable  : une flamme s'allume dedans, de plus en plus puissante et chaude sous la pression suffocante - il n'y a plus qu'Elle, plus qu'Elle, c'est tout - comme si seul l'Amour pouvait affronter la Nuit et la convaincre de sa moitié de lumière. Comme s'il avait fallu toute cette Ombre pour que puisse naître l'Amour. En vérité, au cœur de toutes les ombres, il est un mystère inverse. Et si nous avons chacun une difficulté particulière, à la fois contradiction et signe de notre destin, il se pourrait, de même, que les grandes failles de la terre, vulnérable, pécheresse, douloureuse, ses mille et un trous de pauvresse, soient le signe de son destin et qu'un jour elle doive incarner l'Amour parfait et la joie, parce qu'elle aura tout souffert et tout compris.

A mesure que l'on avance, la ligne supraconsciente recule vers le haut, la ligne subconsciente recule parallèlement vers le bas; tout s'élargit, tout s'illumine, mais tout se referme aussi, tout s'accuse autour d'un seul point sombre, de plus en plus aigu, de plus en plus crucial, serré, comme si l'on avait tourné pendant des années et des années, des vies, autour d'un même Problème sans jamais le toucher vraiment, et puis c'est là, accroché au fond du trou et se débattant sous la Lumière - tout le mal du monde en un point. L'heure du Secret est proche. Car la loi de la descente n'est pas une loi de fer ni de péché ni de chute, pas plus qu'elle n'est une loi de repentir et d'évasion céleste, mais une Loi d'or en vérité, une insondable Préméditation qui nous tire en bas en même temps qu'en haut, jusqu'au fond du subconscient et de l'Inconscient, jusqu'à ce point central, ce nœud de vie et de mort, d'ombre et de lumière, où le Secret attend. Plus on s'approche du Sommet, plus on touche au Fond.

SRI AUROBINDO L'aventure de la conscience    Satprem       (p.259-262   p.265  p.267-268)

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Commentaire de greentea le 29 décembre 2014 à 12:37

Merci Anne pour les extraits que tu as déposés sur les chemins de la conscience qui me permettent d'avoir là aussi à une autre pierre de compréhension sur tout ce qui se trame en son sein

Commentaire de Anne le 28 mars 2014 à 12:39

                                       L'aventure de la conscience  Sri Aurobindo    

                                                                   Satprem

Résumés des extraits précédents :

    (1)  La Conscience d'Être : " on sent un véritable courant..."

                http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/la-conscience-d-tre-on-sent-...

Le vide mental établit une paix intérieure.

On sent un courant, une vibration qui parcourt tout le corps. C'est une énergie qui vient d'en haut, de la Source, de l'Esprit - Shakti.

Notre être s'emplit de force. Cette Force devient un outil pour notre transformation.

Vient un moment où on découvre le Témoin, cette vibration de silence qui devient le maître intérieur en créant l'action juste du moment présent.

         (2)   Le mental universel et le Silence mental

               http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/le-mental-universel-et-le-si...

Le Silence mental rend l'être transparent, sans protection : il devient plus sensible aux agressions extérieures. Mais la Force intérieure devient sa protection et lui permet de rejeter ou choisir les pensées-vibrations, qui viennent du dehors, du Mental universel. Et sa conscience s'élargit. Il devient maître du silence et du monde mental.

          (3)   Le Témoin, Maître de la "maison mentale" 

                 http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/le-t-moin-ma-tre-de-la-maiso...

On ressent simultanément deux parties distinctes dans la conscience : la partie active "l'usine à pensées" et la partie réservée, Témoin et Volonté qui observe, ajuste.

Récit de la première expérience de Sri Aurobindo.

L'être découvre que lorsqu'il sort de sa "coquille mentale", tout est possible et son action devient clairvoyante, dans un climat de paix.

(cette même liberté de l'être, de la Conscience, est démontrée par Gregg Braden, à partir d'expériences de la Science quantique)

        (4)   Les centres de conscience sont vibrations

              

Les centres de conscience, les chakras, émettent toute une gamme de vibrations qui semblent s'irradier à différentes hauteurs de notre être.

Le mental n'est qu'un de ces centres, un type de vibration.

Ces sept centres sont répartis en quatre zones :

 - Le Supraconscient

 - Le Mental

 - Le Vital

 - Le physique et le Subconscient

Avec la Force descendante, nous n'affrontons les centres du bas qu'après avoir déjà solidement établi notre être dans la Lumière d'en haut, supraconsciente.

"Toutes les vibrations viennent du dehors. Notre être est comme un poste récepteur... Si nous disons "je pense donc je suis" ou je sens donc je suis, ou je veux donc je suis, nous sommes un peu comme l'enfant qui s'imagine que le speaker ou l'orchestre sont cachés dans la boîte à musique et que la radio est un organe pensant. Parce que tous ces je ne sont pas nous, ou à nous, et que leur musique est universelle."  

            

          (5)   On s'aperçoit que la Conscience-Énergie est Force et Joie

               http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/il-n-y-a-qu-une-force-au-mon...

Dès les premières expériences, le courant de la Conscience est ressenti comme une Force (Agni, énergie) : c'est la substance fondamentale de l'Univers et de toutes choses.

La Matière est de l'Énergie condensée. "Quand nous aurons trouvé ce Secret, la conscience dans la force, nous aurons la vraie maîtrise des énergies matérielles - une maîtrise directe. Mais nous ne faisons que redécouvrir de très anciennes vérités..."

 "L'histoire de notre évolution terrestre, finalement, est l'histoire d'une lente conversion de la Force en Conscience, ou, plus exactement, un lent rappel à la mémoire de soi, de cette Conscience engloutie dans sa Force."

 "alors nous vérifions tangiblement que la conscience est une force, une substance, que l'on peut manipuler comme d'autres manipulent des oxydes ou des champs électriques..."

 " Si nous n'avions pas fait des milliers d'expériences prouvant que le Pouvoir dedans peut modifier le mental, développer ses capacités, en ajouter de nouvelles, découvrir de nouvelles strates de conscience, maîtriser les mouvements du vital, changer le caractère, influencer les hommes et les choses, avoir de l'autorité sur le fonctionnement et l'état du corps, modifier les événements... nous n'en parlerions pas comme nous le faisons."

 Et on découvre que la Conscience-Force est Joie, Ananda...

        (6)  Le pouvoir du Silence pacifie les émotions du vital

           http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/ce-vital-nous-le-savons-est-...

Le vital, comme le mental vient du dehors, du vital universel. Il n'est pas nous. Il est erroné de s'identifier à ses émotions. Il suffit de faire le silence pour le ressentir. Et ce silence nous permet d'établir autour de nous, dans le circumconscient, une couche protectrice pour voir venir les vibrations psychologiques et ne pas les laisser entrer.

A force de non-intervention, ces vibrations vitales ne nous touchent plus, puis elles sont dissoutes.

        (7) "On découvre même que l'on est capable de descendre aussi bas que l'on est capable de monter haut"

             http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/de-plus-en-plus-elles-semble...

Ces vibrations de désordre, "nos" tristesses, "nos" ennuis s'acharnent à décourager le chercheur.

"On découvre même que l'on est capable de monter haut, et qu'en vérité, nos bas sont exactement proportionnels à notre capacité de hauteur - bien des écailles nous tombent des yeux. Avec un peu d'honnêteté, on voit bien que l'on est capable de tout et qu'en somme, comme dit Sri Aurobindo, notre vertu est une prétentieuse impureté. Il faut n'avoir jamais quitté la personnalité frontale pour nourrir encore quelque illusion à ce sujet."

L'âme, l'Esprit, choisit ces épreuves qui sont là pour intensifier la force, élargir l'expérience nécessaire pour trouver la Vérité...

Le silence conscient permet de neutraliser ces forces adverses.

            (8) La vraie Force de Vie : "élargir le vital... accepter plus, toujours plus, et étendre sa conscience."

                

La personnalité frontale est engluée dans l'ambiguïté des sentiments, des attachements, de la souffrance et du plaisir.

C'est en englobant tout dans la présence intérieure de l'être, que la joie apparaît, immuable, tranquille : c'est la Force de Vie.

Il ne s'agit pas de lutter contre le vital infantile, mais de l'accepter dans une conscience élargie, où, par cette attention, il sera neutralisé, transmuté en joie : celle d'un vital calme et puissant, le vital vrai, état de concentration tranquille, spontanée. 

Cette immobilité fondamentale est une base d'action, une puissance concentrée, une source d'énergie. Dans ce silence infini, se manifeste la Paix, la Liberté, le Pouvoir, la Lumière, la Connaissance, la Joie.

             (9)  L'Âme consciente, "Centre psychique", n'a besoin de rien pour être. Elle est Amour.

                   

La Conscience-Force est la réalité fondamentale de notre être. Mais qui est conscient en nous?

Le Centre individuel ou être psychique, l'Âme

Le Centre cosmique, lié à l'Être universel, l'Esprit

Étape par étape, nous devons retrouver l'un et l'autre.

Le Centre psychique se manifeste par l'état de Joie - sans objet - et d'Amour - qui est.

Ce psychique, caché par nos idées, nos sentiments, happé par le vital et le mental, est l'essence de la Liberté, de la Vérité - qui n'apparaît que par la décantation dans le Silence, par un changement de conscience, comme un feu, une énergie - Agni. C'est le vrai je en soi, le Centre, le Maître.

La Conscience bascule. On est dedans.

           (10) La Réincarnation : évolution de l'Âme vers une Réalisation terrestre

                 

Selon Sri Aurobindo et le Secret du Véda, l'ensemble des vies représente une croissance de conscience qui culmine dans un accomplissement terrestre - et non seulement dans l'au-delà, comme le pensent les spiritualistes.

Cela permettra une Connaissance intégrale, donc une Vie intégrale.

(C'était ainsi prévoir, en 1910, la Transition actuelle!...)

Il ne s'agit pas de "croire" en la réincarnation, mais d'en avoir l'expérience.

Ce n'est pas la petite personnalité frontale qui se réincarne. Seul le Centre psychique, l'Âme, éternelle, demeure. Notre expérience de la réincarnation dépendra donc de la découverte du Centre et Maître psychique, qui emmène ses souvenirs d'une vie à l'autre, et du degré de développement de notre psychique. Seul le psychique conscient peut évoluer au cours des incarnations.  D'une vie à l'autre, il emmène l'essence de toutes les expériences, certaines tendances générales, qui sont le premier embryon de la personnalité psychique, certaines empreintes (le karma).

Lentement, de vie en vie, le psychique acquiert une individualité de plus en plus forte, de plus en plus consciente et de plus en plus vaste. La conscience-force s'individualise de plus en plus.

Il faudra que toutes nos activités mentales, vitales et même physiques, s'intègrent à ce nouveau Centre, si nous voulons une réalisation terrestre.

Et nous sommes éveillés pour toujours.

Le jour où nous aurons infusé assez de conscience dans le corps, il pourra lui aussi participer à l'immortalité psychique...

La conscience est la clé.

             (11) Le Nirvana

                  

Cette expérience apporte à Sri Aurobindo, une Paix indicible, dans le Transcendant, l'Absolu.

Mais elle est hors du monde, hors de la vie.

Cette expérience, pour lui, n'est pas une fin, mais plutôt le point de départ de nouvelles expériences, qui intégreront dans une même Réalité, la vérité du monde et la vérité de l'au-delà.

Le Nirvana se révèle le commencement de sa propre réalisation.

Ce n'est pas en soi, un état supérieur de conscience : il peut se produire à divers niveaux de conscience.

Sri Aurobindo n'avait pas dépassé le plan mental lorsqu'il eut l'expérience du Nirvana.

Le Nirvana représente une étape intermédiaire vers une élévation encore plus grande : le stade spirituel centré sur la Totalité et non seulement sur l'au-delà.

             (12) L'Esprit ou Centre cosmique : dans l'Unité

                    

Sri Aurobindo va explorer les niveaux de conscience du Supraconscient, faire un pont entre la vie spirituelle et la vie dans le monde.

Le monde est en évolution.

Nous sommes tous unis dans une Conscience cosmique. L'Âme, l'Être psychique, centre individuel, est Une avec le Divin, petite lumière de cette grande Lumière : l'Esprit - qui est dans l'homme, dans le Soleil... qui annonce la transmutation divine de l'homme.

L'Âme veut retrouver sa Totalité innée, poussée par notre être central, cosmique, connecté à l'Esprit.

Cette conscience cosmique dissout l'ego : on ressent la paix et la béatitude, la liberté.

C'est la connaissance de soi qui permet la réalisation de cette éternelle perfection de l'Esprit qui est en soi.

        (13) Le Secret

             

"Un triple changement de conscience marque donc notre périple sur la terre : la découverte de l'être psychique ou Esprit immanent, la découverte du Nirvana ou Esprit transcendant et la découverte de l'être central ou Esprit cosmique."

Mais ces expériences ne permettent pas l'intégrale plénitude de l'individu dans le monde.

L'être psychique est relié au Divin, mais se limite à l'individu.

L'être cosmique est relié au monde divin, mais il est coupé de l'individu. 

Et dans le Nirvana, on est coupé du monde et de l'individu.

Sri Aurobindo a voulu résoudre cette contradiction, par le pouvoir de son action. Il a l'intuition que si, en tant qu'êtres incarnés, nous aspirons à cette totalité, c'est que cette totalité est possible dans un corps. (contrairement à ce qu'enseignent les religions)

Y a-t-il un quatrième changement de conscience qui changera tout?

Que peut cette Conscience infinie pour tout ce monde?

Cette terre et ce corps sont-ils le lieu d'un Secret qui change tout?

Le vrai changement de conscience est celui qui changera les conditions physiques du monde et en fera une création nouvelle.

Cette vie et cette Matière auraient un sens, si à travers l'homme de plus en plus conscient, l'Esprit élabore le surhomme ou le dieu sur Terre.

C'est le double mouvement d'ascension et de descente de la conscience individuelle qui constitue le principe de base de la découverte supramentale...

                

                (14)  L'ascension de la Conscience

                     

En quoi cette découverte de Sri Aurobindo est-elle accessible pour nous?

Le vrai système de yoga consiste à "attraper le fil de sa propre conscience".

L'ascension dans le Supraconscient est la première étape, par le silence mental. La Force rayonne. Mais elle veut monter, étant branchée sur la Lumière d'en haut, vivante, dans le Silence vivant, d'où jaillissent des pensées spontanées, pour des actes spontanés. C'est la Source qui guide la pensée juste, l'acte juste - comme une connaissance spontanée.

C'est là que le chercheur sentira que la vie du dessous, le mental du dessous, les sentiments, sont étroits, mensongers.

Faire grandir la Conscience-Force.

Être prêt à avancer d'illumination en illumination, d'expérience en expérience, d'état d'âme en état d'âme...

On est au-dessus et on respire. Le corps est enveloppé dans la conscience élargie. On ne redescend plus vraiment "sauf avec une fraction de la conscience qui peut venir travailler dans le corps ou aux niveaux inférieurs, tandis que l'être stationné en permanence au-dessus, dirige toute l'expérience et tout le travail."

              (15) Êtres de Lumière et Forces impersonnelles

                  http://l-unite.ning.com/profiles/blogs/tres-de-lumi-re-et-forces-im...

"Tous tant que nous sommes, nous recevons constamment, et sans nous en apercevoir, des influences ou des inspirations de ces plans supérieurs supraconscients"; Nous baignons dans les forces universelles. 

"Les gradations de conscience sont des états universels qui ne dépendent pas de la façon de voir de la personnalité subjective."

Quand on entre consciemment dans ces plans, on peut voir des courants de forces impersonnels, plus ou moins lumineux, ou des êtres personnels. Mais ce sont deux façons de voir la même chose. Tout dépend de l'attitude intérieure, de la formation religieuse ou spirituelle.

Ces forces conscientes peuvent prendre toutes les formes qu'elles veulent. On peut toucher au même plan de conscience, à la même illumination, par des milliers de voies différentes.

              (16) Le surmental, des prophètes, poètes, artistes éclairés... n'a pu changer le monde

                   

Toutes les belles idées du Mental arrivent défigurées, dans la vie, enfermées dans des systèmes. Il faut un autre pouvoir, qui puisse vaincre cette imperfection inébranlable. L'intellect ne peut contrôler l'Absolu, l'Infini.

Si l'évolution est une évolution de la conscience, on pourrait penser que le mental de l'humanité deviendra de plus en plus intuitif, et s'ouvrira au  surmental, une conscience de dieu, de lumière.

Cependant, le surmental est toujours du mental; il peut élargir le cercle humain, l'améliorer, non le changer. Car il reste un principe de division : il voit tout, dans l'unité, mais de son propre point de vue. C'est la vérité des innombrables sages, sectes, Églises ou visionnaires qui nous ont transmis la Parole divine.

La loi de gravitation vers le bas semble jusqu'à présent insurmontable.

Il faut donc un autre Pouvoir, un autre principe de conscience, global, qui puisse contenir l'innombrable diversité de la vie.

        (17) Entre subconscient qui contient notre passé, et Supraconscient, notre avenir

             

En même temps que Sri Aurobindo atteignait les hauteurs du surmental, sa conscience descendait dans les ombres du subconscient, lui donnant l'expérience de souffrances enfouies mises à jour. Le subconscient contient notre passé évolutif. Et on ne peut atteindre la Lumière sans passer par l'ombre inscrite dans le corps.

Ce yoga permet de tout englober, sans sortir de l'individu (comme c'est le cas dans l'extase des mystiques, sortis de l'existence extérieure)

De nombreux degrés du subconscient se succèdent, jusqu'à l'Inconscient matériel - premières forces apparues dans le monde de la Matière et de la Vie.

Pour vaincre ces forces, la Lumière du Supraconscient est nécessaire. Et on ne peut descendre plus bas que l'on est monté.

"On ne peut guérir que si l'on guérit tout au fond, et on ne peut aller tout au fond que si l'on va tout en haut." 

D'où les limites de la psychologie contemporaine et de la psychanalyse.

Le mental ne donne pas la connaissance, il ne permet pas de voir la Force dynamique sous le jeu des contraires.

C'est le Supraconscient, non le subconscient, qui est le vrai fondement, et qui nous tire vers l'avenir.

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